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		<title>Virée au Kurdistan Irakien</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Dec 2010 17:26:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Région Autonome du Kurdistan est aujourd’hui devenu l’endroit le plus sûr d’Irak, et commence difficilement à s’ouvrir au monde et au tourisme. Elle dispose d’un véritable statut “à part” dans cette région du monde, depuis 1991 et le soulèvement contre le régime baasiste.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 599px"><a title="Kurdistan Irakien - Monument aux morts d'Halabja" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienMonumentauxmortsdHalabja.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Monument aux morts d'Halabja" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienMonumentauxmortsdHalabja_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Monument aux morts d'Halabja" width="589" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Le Memoriam d’Halabja se découpe sur les montagnes kurdes</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>La Région Autonome du Kurdistan est aujourd’hui devenu l’endroit le plus sûr d’Irak, et commence difficilement à s’ouvrir au monde et au tourisme. Elle dispose d’un véritable statut “à part” dans cette région du monde, depuis 1991 et le soulèvement contre le régime baasiste. Quelque peu protégée par les américains, elle s’est dès lors dotée de sa propre assemblée, son premier ministre et son gouvernement, son armée (les “peshmergas”, littéralement, “ceux qui font face à la mort”), son administration, son drapeau, et elle délivre ses visas. “On n’a plus que l’argent qui est irakien”, se voit-on dire dans les rues.</p>
<p>On s’en rend compte dès ses premiers pas dans cette autre Irak. Dans la ville de Zahko, les passants flânent le long des rives du Khabur, jusqu’au Delal Bridge, un pont jeté là il y a si longtemps qu’on en ignore qui l’érigea… et surtout comment, vu les énormes blocs de pierre qui composent ses arches. Le folklore local veut que son architecte eût les mains coupées pour l’empêcher de reproduire un tel prodige.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - Delal Bridge" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienDelalBridge.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Delal Bridge" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienDelalBridge_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Delal Bridge" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">  L’antédiluvien Delal Bridge serait peut-être romain.  Ou peut-être pas. </p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Les allées du bazar de Dohuk confirment cette impression de sécurité. Les hommes marchandent et s’interpellent dans leur langue chamarrée. Nombreux sont ceux qui revêtent l’habit traditionnel, une sorte de combinaison de parachutiste de la Première Guerre, d’un seul tenant et fendue sur tout le torse, brune, kaki ou bleue, enserrée dans une large étoffe à carreaux à la ceinture. Ils sont coiffés d’un turban noué autour d’un kilaw, un bonnet tressé traditionnel coloré qui diffère selon chaque tribu.</p>
<p>En pratique pourtant, la différence avec l’Irak arabe reste ténue : la caste politique fermée et conservatrice est basée sur un système clanique, gangréné par la corruption, immobiliste. Le corpus législatif diffère peu de celui de la nation irakienne. Mais les kurdes sont heureux de cette semi-indépendance, d’abord parce qu’ils se sentent moins menacés, peuvent parler et enseigner dans leur langue, et jouissent d’une sorte de reconnaissance officielle.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - Amadiya" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienAmadiya.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Amadiya" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienAmadiya_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Amadiya" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Amadiya trône dans son cirque de formations rocheuses.</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p><span id="more-592"></span>Depuis Dohuk, et l’<a href="http://www.f0ll0w-me.fr/lalish-a-la-decouverte-des-yezidis/trip" target="_blank">escapade à Lalish</a> accomplie, cap sur Amadiya. L’ancien village fortifié a été victime de l’urbanisation moderne, et ne présente aucun intérêt. Mais le promontoire sur lequel il est sis domine une étroite vallée vallonnée ornée d’une couronne de montagnes élancées. On se croirait dans la paume d’une main titanesque… Premier contact avec ce qui fait la richesse du Kurdistan : sa nature sauvage et riche, ses paysages à couper le souffle. On les retrouve à l’Est d’ici, le long de la Hamilton Road, chef d’œuvre d’ingénierie du début du XXème siècle qui relia la Perse au bassin méditerranéen. Elle court au fond du Grand Canyon du Moyen Orient, s’agrippe à ses parois le long des 12 km qui le compose, puis lutte sur un long plateau hérissé de crêtes rocheuses hostiles, s’élevant progressivement jusqu’au poste frontière avec l’Iran, où des préfabriqués et de tristes bâtiments bétonnés insultent les cimes couvertes de neiges éternelles et les glaciers millénaires.</p>
<p>La tension aux frontières rappelle la fragilité de la situation locale. Les volontés émancipatrices kurdes passent très mal chez les voisins iraniens, turcs et syriens. Ainsi, si les autorités de la région autonome n’affichent aucune proximité avec le PKK ou les autres indépendantistes, elles sont régulièrement accusées de leur servir de base arrière, et à ce titre les escarmouches, intrusions et bombardements frontaliers sont légions.</p>
<p>La Hamilton Road ramène justement à <a title="Erbil" href="http://www.f0ll0w-me.fr/erbil-la-ressuscitee/portraits" target="_blank">Erbil</a>, “capitale” de la région. D’ici on gagne Suleymaniyah, une ville importante réputée pour son ouverture d’esprit, sa modernité et sa scène culturelle. Le jeune Ibrahim en témoigne, traducteur pour les soldats américains, il a dû fuir Bagdad sous une avalanche de menaces, pour la Syrie tout d’abord, puis pour revenir travailler au Kurdistan.</p>
<p>Le <em>must-see</em>, c’est l’Amna Suraka, ou Red Security. QG local du Mukhabarat, le KGB de Saddam Hussein, on y a torturé et exécuté sommairement des milliers de dissidents politiques. Elle est devenue Bastille des kurdes lorsqu’elle fut prise d’assaut par les révoltés en 1991. La façade rouge du bâtiment rappelle la violence des combats qui y firent rage, criblée d’impacts de balles et de traces d’explosions. C’est maintenant un Musée des Crimes de Guerre d’où l’on ressort secoué, habité des images de cellules exigües et de la cruauté inhumaine des bourreaux.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - Red Security" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienRedSecurity.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Red Security" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienRedSecurity_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Red Security" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Bullet holes sur le symbole de la tyrannie. </p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>S’il y a bien une chose qu’on a appris avec nos copains allemands, c’est que ce qui est plus marrant qu’une bonne guerre bien horrible, c’est de se faire une autre bonne guerre bien horrible. Les kurdes ont appliqué ce chouette théorème à leur manière… Trois ans après s’être libérés des baasistes, le PUK Suleymaniyien et le KDP du nord du pays s’écharpaient donc joyeusement dans une guerre civile. Le KDP vint déloger son rival de son bastion en 96 avec l’appui… de l’armée irakienne. Le cessez-le-feu n’intervint que deux hivers plus tard.</p>
<p>Suleymaniyah est aussi connue pour sa forte communauté chrétienne. John en est. Iranien d’origine, et fraîchement diplômé d’anglais, il vient d’émigrer ici à la recherche de travail à peine sa vingtième bougie soufflée. C’est un sacré gaillard de presque 2m de haut, doté d’un américain parfait, boxeur, et talentueux violoncelliste, entre autres instruments… mais qui s’effondre à la troisième bière. En Iran, il a invité sa petite-amie potentielle à sortir. Se baladant seuls, ils furent arrêtés par la police, et jetés en prison le temps d’une nuit, pour offense au bonnes mœurs. Il ne la reverra plus jamais.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - violon yezidi" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienviolonyezidi.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - violon yezidi" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienviolonyezidi_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - violon yezidi" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Non ce n’est pas John, mais un autre violoncelliste, yezidi.</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Il voudrait s’en aller outre-atlantique, excédé, me confie-t-il, par la bêtise des siens. Il n’est pas le seul subjugué par le rêve américain, ici, le libérateur est acclamé. Souvent, le portait de Bush-fils côtoie celui du “président” Barzani. Les grandes marques des <em>States</em> cristallisent la popularité, et les pseudos-artistes américains cartonnent dans les téléphones portables (ne vous aventurez pas à parler des Ramones ou de Johny Clash quand même, ici, on s’arrête à <em>50 Cents</em> et Mickael Jackson…). Nulle part la bannière étoilée n’a flottée avec tant d’allant.</p>
<p>Allons, une ultime étape pour mieux comprendre ce Kurdistan.</p>
<p>Halabja. Ce nom fait frémir plus d’un kurde. Le 16 mars 1988, au matin, les troupes baasistes encerclent cette ville frontalière tenue par les combattants islamistes iraniens, forte de quelques dizaines de milliers de civils. Les bombardements durent une poignée d’heures. L’accalmie, très brève. Puis l’aviation s’acharne longuement sur la cité avec un cocktail d’armes chimiques variées. A voir les photos de vaches grasses foudroyées dans les prés environnants, on ne donne pas cher de la peau des enfants d’Halabja. Les habitants s’effondrent en suffoquant dans les rues, brûlent, étouffent, meurent. Les chasseurs mitraillent ceux qui cherchent à trouver refuge dans les montagnes.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - Mur Halabja" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienMurHalabja.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Mur Halabja" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienMurHalabja_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Mur Halabja" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Parmi ces 5000 noms gravés dans le marbre, il en est un cerclé de vert. Celui d’un enfant qui a survécu, et dont on n’a découvert l’existence que très récemment. </p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Au terme de ce 16 mars, près de 5.000 corps s’entasseront dans la fosse commune. Plus de 10.000 victimes souffriront voire succomberont dans les hôpitaux iraniens. Les survivants, les amputés, les grands brûlés, vivront sous les tentes des camps de réfugiés pendant quelques années.</p>
<p>Les photographes sont arrivés deux jours après, témoins des morts jonchant les rues, des familles fauchées dans leur fuite, des pères couvrant leur enfant de leur corps, des yeux révulsés et des peaux calcinées, auteurs de clichés effroyables qui couvrent les murs du Memorium. La communauté internationale ne dit mot. L’ONU se tût.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - Halabja photos" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienHalabjaphotos.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Halabja photos" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienHalabjaphotos_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Halabja photos" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">n0 c0mment...</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Pendant les trois années suivantes, Saddam et son triste frère “Chemical Ali” eurent encore tout loisir de porter à 5.000 le nombre de villages kurdes détruits, à 182.000 meurtres le compte des victimes du génocide.</p>
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		<title>Lalish : à la découverte des Yezidis</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Dec 2010 12:16:15 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 599px"><a href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishvalleedeLalish.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Lalish - vallee de Lalesh" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishvalleedeLalish_thumb.jpg" border="0" alt="Lalish - Lalish valley" width="589" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Début décembre, le vert tire doucement vers le jaune…</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Mes premiers pas en Irak m’amenèrent rapidement à croiser des kurdes “yezidis”. Dans un anglais approximatif, on m’expliqua qu’ils n’étaient ni chrétiens, ni musulmans, mais bien kurdes, sans pouvoir m’en apprendre beaucoup plus. Bien décidé à savoir ce qu’il en était, je décidais donc le temps d’une journée de mettre le cap sur Lalish, ville dont ils seraient originaires.</p>
<p>Première embûche, comment s’y rendre ? Tentons le bus : direction le <em>garaj</em> de Dohuk, où un chauffeur tout sourire hoche du chef au nom de Lalish. Joie. Une heure d’attente plus tard, il me largue 500 malheureux mètres plus loin devant un bâtiment bas affichant “Lalish Cultural  Center” au fronton. Dé-joie. Mais au moins ces gus là devraient me renseigner, entrons.</p>
<p>Pas de bus pour Lalish. On se propose de me négocier un taxi à 40$, ce qui me fait renoncer à mon entreprise : 40$, c’est plus de deux jours de budget de voyage, tout frais compris. Bref conciliabule chez mes hôtes : “ok bonhomme, pour toi on régale, bouge pas que je t’appelle un taxi de mes amis”. Le Centre a pour vocation de faire connaître la culture yezidi, et un occidental en goguette qui s’y pointe sans crier gare, c’est le jackpot. En attendant mon chauffeur, j’entreprends donc d’en apprendre un peu plus sur les bougres, principalement pour m’éviter une inénarrable noyade sous le tsunami de thé dispensé par mes attentionnés comparses.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Lalish - Yazidis" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishYazidis.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Lalish - Yazidis" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishYazidis_thumb.jpg" border="0" alt="Lalish - Yezidis" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Jeunes yezidis enjambant précautionneusement le pas de porte tabou…</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Et au bout d’une heure, j’y vois plus clair.</p>
<p>Il apparaît qu’en fait le Yézidisme est une religion (ou une secte selon l’angle) pré-zoroastrienne d’origine indo-aryenne ayant par la suite incorporé des éléments de judaïsme, christianisme et islamisme.<span id="more-541"></span></p>
<p>Confus ? En gros cela donne une croyance monothéiste avec 7 archanges très proche d’un statut divin, le premier desquels tomba en disgrâce (le Diable ?) puis fut réintégré à ce Panthéon. Ils ne se reconnaissent pas de Prophètes, sont issus d’Adam, et non d’Eve, se font baptiser, prient 5 fois par jour, ont deux jours saints par semaine, mangent un <em>casher </em>à eux, entretiennent un système de castes et croient en la réincarnation transcendantale. Ils seraient 500.000 au monde selon la police, 1.200.000 selon les manifestants, et, pas de pot pour vous, n’acceptent pas les conversions.</p>
<br/>
<p>Mon chauffeur de taxi, Dakhil, a ce visage rond qui associe harmonieusement une bonhommie manifeste à une joie de vivre indéniable. La région autonome du Kurdistan Irakien, si ce n’est pas encore la Suisse Romande au niveau des conditions de sécurité, jouit d’une fragile stabilité, ses habitants y prospèrent à l’abri des violences que connaissent les Arabes Irakiens voisins. Et bénissent largement le libérateur américain. Dakhil me questionne assidûment, épuisant méthodiquement toutes ses maigres ressources en langue anglaise. Puis, “You like Shakira ?”.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Lalish - Dakhil" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishDakhil.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Lalish - Dakhil" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishDakhil_thumb.jpg" border="0" alt="Lalesh - Dakhil" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Dakhil et sa bouille.</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Image improbable d’un taxi fonçant à toute berzingue dans les rues de Dohuk, vitres baissées, cigarettes et lunettes noires, <em>50Cents </em>craché de toute la puissance de son autoradio…</p>
<br/>
<p>Du temps pour compulser l’imposante brochure du Lalish Center. Quelques pages d’anglais, écrites en gros, pour des centaines de photos grand format et arbitrairement légendées du moindre sous-comité de cambrousse ressemblant plus à un album d’anniversaire du début des années 80 : typique. Pas de conversion possible disais-je : on naît yezidis, on meurt yezidis. Et l&#8217;on s’est particulièrement appliqué sur ce dernier point, semble-t-il. Ce qu’il reste de l’histoire de cette communauté, ce sont quelques notes en marge des archives des grands Califes du coin : “13 mai : massacré 1261 yezidis, rasé 2 villages”. Leurs propres annales ont été détruites avec le systématisme effrayant que l’on réserve aux persécutés de longue date, une tradition que même Saddam fera perdurer. Il faut dire que les bonshommes ont tout l’attirail pour générer de la <em>fatwa</em> à tour de bras : kurdes, adorateurs du Diable, idolâtres, nombreux et indociles. Une sorte de cocktail gauchers-roux-sorcières-juifs sauce orientale, montez les bûchers. Mêmes les autres confessions kurdes ont préféré leur fumet à celui des Fils d’Abraham !</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Lalish - Daniele Miterrand" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishDanieleMiterrand.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Lalish - Daniele Miterrand" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishDanieleMiterrand_thumb.jpg" border="0" alt="Lalesh - Daniele Miterrand" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">“Danial Meteran” dans l’album de photos de famille du Centre Culturel</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Voilà l’épicentre de cette haine ancestrale, Lalish est tout à la fois La Mecque, la Jérusalem et la Bénarès des yezidis. Les lieux sont loin d’être monumentaux, c’est un village blotti à l’entrée d’un vallon boisé. Couvert d’une végétation aussi rebelles que ses habitants, qui se refuse à jaunir sous les assauts de l’automne. La pierre froide cueille à nu la plante des pieds des pèlerins : toute la ville est sacré. Les jeunes filles ne portent pas le voile et gloussent dans la cour du Grand Temple. Le Saint des Saints est une basilique de sobriété, décorations pauvres sur murs gris. Il faut dire qu&#8217;au cours des siècles l’institution a reçu la visite de nombre d’ayatollahs profanateurs… Les autres édifices suivent la même mode, quelques chaumières en terrasses, une poignée de mausolées, un baptistère, de petits temples… Il est interdit de poser le pied sur les pas de porte. Les lieux sont parcourus d’un souffle calme et frais qui bruisse dans la végétation environnante au soleil couchant. Un havre de paix.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Lalish - Great Temple" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishGrandTemple.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Lalish - Great Temple" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishGrandTemple_thumb.jpg" border="0" alt="Lalesh - Grand Temple" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Les imposants dômes coniques du Grand Temple.</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Depuis 1991 et l’autonomie qu’ont acquis les kurdes par les armes, les yezidis tentent de se réconcilier avec les leur, vivent en meilleure entente, et ont acquis plus de droits. Ils conservent leurs traditions. Celles sur le mariage par exemple : c’est qu’ils sont pointilleux sur le mariage. On ne se marie qu’avec un autre membre de sa caste, enfin de sa sous-catégorie de caste en vérité. Dommage pour Doa Khalil Aswad. 17 ans en 2007, amoureuse d’un sunnite, elle fut lapidée par les siens. Histoire de garder une trace pour les longues soirées d’hiver, la scène se retrouva sur Youtube (vive les téléphones portables) ; et une joyeuseté en appelant une autre, les représailles ne se firent pas attendre. 23 yezidis furent sommés de descendre d’un bus et abattus sans coup férir. Puis ce fut un attentat suicide dans un village yezidis qui fit près de 500 victimes.</p>
<p>Pour sûr, il y a des bonnes volontés dans chacun des camp, qui cohabitent actuellement.</p>
<p>Mais les plaies de l’Histoire ne sont pas prêtes à se refermer.</p>
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