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	<title>f0ll0w-me &#187; Trip</title>
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		<title>De Delhi à Goa : cap au sud</title>
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		<pubDate>Tue, 31 May 2011 15:58:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[De réputation, l’Inde du nord et ses grandes villes sont des destinations plutôt “difficiles”. Non pas que ce soit très dangereux, ou que les indiens vous soient hostiles : les indiens sont comme toujours plutôt adorables. Mais ici c’est le cœur battant du pays. Agglomérations surchargées, foule perpétuelle, cacophonie incessante… L’exode rural et ses ribambelles de sans-abris faméliques y frappe plus durement qu’ailleurs : ici on croise l’extrême pauvreté au quotidien.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 599px"><a title="Inde du Nord - Victoria Station Chhatrapati Shivaji Terminus CST - Bombay Mumbai" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordVictoriaStationChhatrapatiShivajiTerminusCSTBombayMumbai.jpg" target="_blank"><img style="display: inline;" title="Inde du Nord - Victoria Station Chhatrapati Shivaji Terminus CST - Bombay Mumbai" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordVictoriaStationChhatrapatiShivajiTerminusCSTBombayMumbai_thumb.jpg" border="0" alt="Inde du Nord - Victoria Station Chhatrapati Shivaji Terminus CST - Bombay Mumbai" width="589" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Les toits ciselés de Victoria Station, à Bombay, l’une des gares les plus mythiques au monde…</p></div>
<p>Après quelques semaines de récupération et de retrouvailles suite à mon <a href="www.f0ll0w-me.fr/allez-en-prison-ne-passez-pas.../trip" target="_blank">incarcération iranienne</a>, j’ai donc repris la route par un vol direct pour l’Inde, New Delhi.</p>
<p>De réputation, l’Inde du nord et ses grandes villes sont des destinations plutôt “difficiles”. Non pas que ce soit très dangereux, ou que les indiens vous soient hostiles : les indiens sont comme toujours plutôt adorables. Mais ici c’est le cœur battant du pays. Agglomérations surchargées, foule perpétuelle, cacophonie incessante… L’exode rural et ses ribambelles de sans-abris faméliques y frappe plus durement qu’ailleurs : ici on croise l’extrême pauvreté au quotidien. Pas une sinécure en guise d’introduction à ce pays donc, d’autant que je n’étais plus vraiment en jambes. J’étais décidé à rallier le sud au plus vite, apparemment relativement plus calme, en m’autorisant quelques étapes choisies. Avec moins de 90 jours pour découvrir le sous-continent, pour cause d’expiration de visa, il me fallait faire des choix… Autres incidences de ce marathon : être contraint à courir de lieu en lieu, et m’interdire les escapades chez l’habitant dans un coin reculé qui font tout le sel de la rencontre : Damn!</p>
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<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Inde du Nord - mosquée Jama Masjid - Old Delhi" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordmosqueJamaMasjidOldDelhi.jpg" target="_blank"><img style="display: inline;" title="Inde du Nord - mosquée Jama Masjid - Old Delhi" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordmosqueJamaMasjidOldDelhi_thumb.jpg" border="0" alt="Inde du Nord - mosquée Jama Masjid - Old Delhi" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">La cour de l’immense mosquée Jama Masjid (la mosquée elle-même ne rentre pas dans le cadre :) ) (donc le gros truc, à droite, c’est juste le portique d’entrée…)</p></div>
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<p>Les défauts attribués à cette Inde septentrionale se cristallisent à Delhi. La capitale n’est pas une ville particulièrement charmante, même si on y ressent par intermittence le dynamisme et la modernité des grandes métropoles de ce monde. Et la vieille ville recèle quelques jolis restes, dont le hautement symbolique <em>Red Fort</em>. Les indiens attendirent durant de longues années de lutte pour l’indépendance le jour où leur drapeau flotteraient sur ces murs. Juste en face trône la Jama Masjid, la plus grande mosquée du pays. Les deux bâtisses impressionnent effectivement par leurs dimensions, pas par leurs finitions. Au pied de la mosquée, un vaste bazar fait de bric et de broc dispense ses couleurs, ses odeurs et ses bruits. C’est aussi le moment de découvrir les us locaux, et de s’essayer à manger son <em>thali</em> (préparation de riz locale, le fast food indien) avec les doigts : on prend vite le pli.</p>
<p><span id="more-754"></span></p>
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<p>Fuyant la capitale étouffante, mais aussi un nid d’arnaqueurs touristiques en tous genres, je jette l’ancre à Jaipur, pour avoir un aperçu du Rajasthan. La ville est “moins” bondée, mais vaut mieux pas être agoraphobe pour autant. Le Rajasthan est une destination fort courue chez mes confrères touristes et voyageurs ; proche de Delhi, il permet en une petite boucle passant par le Taj Mahal non loin d’avoir un chouette aperçu de l’Inde. Cet état (NB : l’Inde est une fédération), plus pauvre que la moyenne, et longtemps écarté de par les bisbilles fréquentes avec le Pakistan qui le jouxte des circuits touristiques, est aujourd’hui très populaire car abritant le Fort de Jodhpur, la Venise indienne d’Udaipur, ou les temples en bordure de lac de Pushkar. Jaipur, la “Ville Rose”, abrita elle un temps le Maharaja rajahsthani.</p>
<p>Cette dynastie laissa un riche héritage à la cité. Leur palace, tout d’abord, une enfilade de cours éclairées ornée d’halls en belvédère joliment décorés. Sous ses murs, le Jantar Mantar était l’observatoire astronomique royal. Des instruments hétéroclites et étranges s’y amassent : cadrans solaires, dont un de plus de 27m de haut, demies-sphères graduées en pochoir, traqueurs d’éclipses, de constellations, compas de cartographie stellaire,… Témoins d’un prestigieux passé scientifique, puisque ces constructions étranges et démesurées remontent à 1728. L’Hawa Mahal (ou “Palais des Vents”), enfin, le joyau de cette vieille ville, est un bâtiment totalement original dans sa conception : c’est une façade. Sur cinq étages, certes, et finement travaillée, avec de petites alcôves en encorbellement percées de centaines de fenêtres minuscules, surmontées de vitraux multicolores. Le bâtiment offrait aux dames de la famille royale un divertissement bienvenu, car il surplombe l’angle de deux artères fréquentées du bazar ; elles épiaient de leur Tour d’Ivoire la vie sociale et spirituelle de leurs sujets. La téloche du 18ème, en quelque sorte.</p>
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<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Inde du Nord - Hawa Mahal - Jaipur" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordHawaMahalJaipur.jpg" target="_blank"><img style="display: inline;" title="Inde du Nord - Hawa Mahal - Jaipur" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordHawaMahalJaipur_thumb.jpg" border="0" alt="Inde du Nord - Hawa Mahal - Jaipur" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">La “backdoor” de l’Hawa Mahal</p></div>
<p>Un seul programme, mais pas inintéressant. Le bazar alentour est d’une taille et d’une richesse à faire pâlir leurs alter-egos arabes, pourtant pas en reste en matière de commerce. Plus étalé, moins varié et moins concentré, peut-être, mais assez impressionnant. Autre caractéristique, la faune urbaine. Les chats persans ont totalement disparus, ici, c’est un royaume canin, des bâtards efflanqués et abrutis qui se bouffent les uns les autres, se battent à la nuit tombée, et coursent le touriste qui s’aventure dans leur territoire. Très désagréable. Les bovidés de toute sorte se promènent paisiblement et en toute impunité dans les ruelles encombrées et les avenues embouteillées. Pourris-gâtés&#8230; Une vache passe la tête dans un restaurant, et avale d’un coup de langue l’assiette de riz qu’on lui tend. Même mimique 10 mètres plus loin, le restaurateur préfère la chasser que de perdre un <em>biryani</em>, elle décidé donc de déféquer séance tenante sur son perron. Au détour des carrefours, on tombe sur des moutons, des chèvres, des chevaux, et des cochons sauvages fouillent les poubelles. Les singes, chapardeurs, galopent sur les corniches. On en trouve presque partout, en Inde, mais rarement autant qu’au <em>Monkey Temple</em>, un sanctuaire au pied duquel s’étendent la vallée et la ville, blottie le long d’une rivière et de collines fortifiées. La clameur étouffée de 3 millions d’autochtone monte doucement de la cité qui s’éteint, tandis que le rose s’étiole en teintes sombres sous la lumière déclinante du soleil couchant…</p>
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<p>Rallier Bombay prend une demi journée de train. Mais le train indien est juste une bénédiction, vu les distances à parcourir. Evidemment, c’est un peu vétuste, parfois crade, on comprend jamais comment ça fonctionne pour réserver et c’est pas très rapide ; mais passablement confortable, et pas très cher, si vous avez le courage d’affronter les wagons <em>2nd Class</em>. La plupart des occidentaux préfèrent la classe supérieure, qui garanti une couchette ou une place assise, et comme c’est assez bon marché, on y rencontre fréquemment des locaux intéressants… Mais ce serait rater tout le plaisir de la seconde classe. Plaisir parfois relatif, tant ces wagons peuvent être bondés, et on est alors contraint de rester de longues heures debout, ou à s’essayer à dormir sur 41cm², voire sur un porte-bagage croulant (à deux mètres du sol). Mais en général, ça vit, ça chante, ça discute, ça rigole, autour de groupes improvisés ou de joueurs de cartes, autour d’un repas ou d’un téléphone portable qui crache péniblement le tube du moment. Pas beaucoup d’anglophones, mais on est assaillit de questions, le maximum qu’on parvient  nous extirper. Des voyages épuisants mais toujours enrichissants…</p>
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<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Inde du Nord - India Gate - Bombay Mumbai" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordIndiaGateBombayMumbai.jpg" target="_blank"><img style="display: inline;" title="Inde du Nord - India Gate - Bombay Mumbai" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordIndiaGateBombayMumbai_thumb.jpg" border="0" alt="Inde du Nord - India Gate - Bombay Mumbai" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">L’Indian Gate symbolisait la porte d’entrée de l’Empire Britannique aux Indes.</p></div>
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<p>Mumbai, comme la ville a été renommée, est une mégalopole de près de 25 millions d’habitants. La partie historique (et digne d’intérêt) se concentre à la pointe de la péninsule, sauf si l’envie vous prend d’aller vadrouiller à Bollywood. La capitale économique de pays doit beaucoup à la Compagnie des Indes, dont elle accueillit le siège. Quelques bâtiments grandiloquents honorent toujours ses rues, comme des églises, l’Université, le Palais de Justice, la Tour de L’Horloge. Les grandes pierres de taille sombre, les bâtisses anguleuses, massives, élevées, aux lourdes charpentes, semblent juste terriblement déplacés sous les tropiques et leurs cocotiers. Démonstration de puissance coloniale, par l’architecture. Le Musée du Prince de Galles, et la gare de <em>Victoria Terminal</em> sont eux particulièrement estomaquant de détails et de raffinements. La grande arche de la Porte des Indes veille sur la jetée. D’ici, on gagne par bateau <em>Elephanta Island</em>, pour y découvrir les temples troglodytes classés au Patrimoine Mondial. Pas la 8ème merveille du monde, assurément, même si la finesse des statues du triptyque sacré Shiva-Bramah-Vishnou est incroyable à l’aune de leurs 1500 ans.</p>
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<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Inde du Nord - Elephanta Island Temple - Bombay Mumbai" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordElephantaIslandTempleBombayMumbai.jpg" target="_blank"><img style="display: inline;" title="Inde du Nord - Elephanta Island Temple - Bombay Mumbai" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordElephantaIslandTempleBombayMumbai_thumb.jpg" border="0" alt="Inde du Nord - Elephanta Island Temple - Bombay Mumbai" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">et en plus les hindous avaient déjà des représentations nettement plus érotique que par chez nous…</p></div>
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<p>De <a href="http://www.f0ll0w-me.fr/apercus-perses/trip" target="_blank">la ville des parsis</a> à celle des portugais : direction Goa.</p>
<p>Goa. Ca sonne comme un gros spot à touriste que j’aime pas, mais ça pourrait me permettre de me la couler douce quelques jours discrètement sans que personne n’y trouve à redire. Bah déjà, déception Goa n’est pas une ville (et vous le saviez sans doute mais pas moi). Goa c’est un état, un tout petit certes, mais un état. La vieille ville de Goa &#8211; <em>Velha Goa</em> dans le texte –, qui était plus importante que Lisbonne ou Londres en l’an de grâce 1500, a simplement disparu de la carte. Choléra et Inquisition. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un grand espace ouvert, au cœur duquel seuls les églises, cathédrales et couvents témoignent de ce glorieux passé. La relique la plus notable est la Basilica de Bom Jesus, à prononcer avec l’accent portugais. Des pèlerins du monde entier viennent s’y agenouiller devant le tombeau de Saint François Xavier, qui abrite selon la légende sa dépouille… incorruptible. C’est qu’elle aurait mis 250 ans à commencer à se décomposer, et le corps du missionnaire globe-trotter est aujourd’hui encore montré au public tous les 10 ans pour rappeler ce miracle.</p>
<p>Mais bien peu sont ceux à prendre sur leur temps de bronzette pour aller visiter le site estampillé Unesco du coin. La plage de sables fins infinie, c’est le principal attrait de Goa. Alors bien sûr, l’état étant assez vaste, on trouve de tout. Les plages sont plus ou moins “segmentées” par catégories de voyageurs : Vagator pour les teuffeurs, Baga pour les bus Fram, Arambol pour les vieux hippies. Je tournicote autour de cette dernière, et “vieux hippies” n’est peut-être pas le terme qui convient, puisque les touristes viennent de divers horizons, et pour divers but, mais c’est sans doute ici que l’esprit des 60’s a été le mieux préservé. Yoga, médecine ayurvédique, massages et stages de bouddhisme ou de méditation couvrent les écriteaux qui fleurissent accrochés aux devantures des restaurants, ou des étals de vendeurs de fringues et d’artisanat “locaux” pas très locaux. Les bandes de jeunes israéliens ou russes croisent les vieux beatniks débonnaires en scooter, vêtus à moitié de fanfreluches indiennes (?) et à moitié de… rien du tout parce qu’il fait chaud quand même, et qu’ici on est pas vraiment sous la pression des autochtones les plus traditionnalistes. Non loin, les morceaux de viande huilés de crème solaire grillent sur le sable au gré des ressacs de la Mer d&#8217;Oman. Nombreux sont ceux qui sont perchés dès potron-minet.</p>
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<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Inde du Nord - Mandrem Arambol - Goa" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordMandremArambolGoa.jpg" target="_blank"><img style="display: inline;" title="Inde du Nord - Mandrem Arambol - Goa" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IndeduNordMandremArambolGoa_thumb.jpg" border="0" alt="Inde du Nord - Mandrem Arambol - Goa" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Le rêve goan : plages, palmiers, huttes,…</p></div>
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<p>Drôle de mélange des genres. Les indiens qu’on rencontre ici sont voués à l’industrie touristique, ou alors eux-mêmes en vacances. Mais dans le lot de glandeurs occidentaux, on repère très vite quelques comparses sympathiques avec qui disserter, rire un coup et boire une bière. Alors le temps s’écoule rapidement à Goa, et on traîne plus que de raison. On échappe brièvement à la fureur et à l’agitation des grandes villes indiennes, qui pompent toute votre énergie.</p>
<p>Et force est de constater que j’ai déjà commencé à fréquenter nombre de routards, au détriment des locaux. Pourtant, les indiens sont tout aussi sympathiques et avenants que les habitants du Moyen-Orient. Mais l’industrie touristique est quand même déjà inscrite profondément dans les mœurs locaux… Déjà, l’accueil est moins chaleureux, sincère, et authentique, que quand on est le seul blanc à 50km à la ronde, ok. Mais les sollicitations sont continuelles, et à ce stade on me voit souvent comme un gros paquet de dollars ambulant. Les anglophones sont nombreux, et je ne fais pas l’effort d’apprendre un mot d’hindi, de toute façon peu usité au sud. Les voyageurs sont avenants, et on a tôt fait de pousser la rencontre de la guesthouse au resto : c’est un autre voyage. Il faut aussi dire que je me suis contraint à suivre un itinéraire plutôt touristique, citadin, et fréquenté. Je perds alors clairement trop de temps dans le lascif piège goan…</p>
<p>Un temps pourtant précieux… Car ce que j’ignore encore, c’est que “le pire” de l’Inde est derrière moi…</p>
<br/>
<p>…et il en reste tant à découvrir.</p>
<br/>
<p>Cap au sud.</p>
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		<title>Aperçus perses</title>
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		<pubDate>Sun, 22 May 2011 16:34:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avec sa position jouxtant le berceau de civilisations mésopotamiens, les percées d’Alexandre et des héritiers du Prophète d’un côté, les invasions mongoles de l’autre, l’influent sous continent indien non-loin, et au confluant des quatre plus importantes religions mondiales, au centre de la route de la Soie, on aurait pu croire l’identité perse dilatée, dispersée, éclatée par ce kaléidoscope culturel. Il n’en est rien.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 599px"><a title="Iran Apercus Perses - Bazar de Tabriz" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesBazardeTabriz.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Iran Apercus Perses - Bazar de Tabriz" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesBazardeTabriz_thumb.jpg" border="0" alt="Iran Apercus Perses - Bazar de Tabriz" width="589" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">“L’artère principale” du bazar de Tabriz. Plutôt bondée.</p></div>
<p style="text-align: center;">
<br/>
<p>Après cette longue et éprouvante série d’article, je suis heureux d’annoncer un retour à la normale, d’autant qu’avec ce PC en panne, j’ai accumulé pas mal de retard. Mais avant d’attaquer l’Inde, il serait injuste pour l&#8217;Iran de ne narrer que mes mésaventures.</p>
<p>Originellement, je comptais décrire les richesses iraniennes par thème, Antiquité, Perse musulmane, paysages naturels et époque moderne contemporaine par exemple. J’ai eu de la chance dans mon malheur d’avoir vu à peu près un site par catégorie, ce qui est pas mal. Malheureusement, mon épopée ne m’aura pas laissé la latitude de visiter le cœur de l’Iran et ses mythes, tel que les nids d’aigle haschichins, les merveilles que recèlent Ispahan la sacrée, Chiraz la cultivée, Persépolis l’Antique, ou Bam la blessée…</p>
<br/>
<p>Avec sa position jouxtant le berceau de civilisations mésopotamiens, les percées d’Alexandre et des héritiers du Prophète d’un côté, les invasions mongoles de l’autre, l’influent sous continent indien non-loin, et au confluant des quatre plus importantes religions mondiales, au centre de la route de la Soie, on aurait pu croire l’identité perse dilatée, dispersée, éclatée par ce kaléidoscope culturel. Il n’en est rien. Comme les kurdes voisins, les populations enracinées sont demeurées elles-mêmes, et portent fièrement leur héritage séculaire. Contrairement à leurs voisins, ils sont parvenus à rester régulièrement souverains, sur leurs terres, de Cyrus à l’Ayatollah Khomeini. Il en résulte un patrimoine incroyablement riche et divers, et assez bien protégé aujourd’hui &#8211; à l’inverse des déprédations talibanes -.</p>
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<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Miroir aquatique du lac de cratère volcanique, Takht-E-Soleiman, Iran" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesTakhtESoleiman.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Iran Apercus Perses - Takht-E-Soleiman" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesTakhtESoleiman_thumb.jpg" border="0" alt="Iran Apercus Perses - Takht-E-Soleiman" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Miroir aquatique du lac de cratère volcanique, Takht-E-Soleiman</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p><span id="more-738"></span>Exemple à Takht-E-Soleiman. Le site n’est pas passé loin de la destruction cependant… Ce complexe de temples était le Vatican des zoroastriens, la religion principale des Perses Sassanides, et l’une des plus vieille religion monothéiste. Elle a d’ailleurs peut-être grandement distillée cette idée aux juifs en captivité à Babylone, un demi-millénaire avant notre ère. Le zoroastrisme était la religion tutélaire des héritiers de Xerxès, et trouvait ses fondements dans la vénération des quatre éléments, eau, feu, terre et air. L’une des pratiques distinctive et notable de cette religion est son rite funéraire : les corps, considérés comme “impurs”, ne pouvaient être rendus à la terre, ou à un autre élément. Ils sont donc déposés dans de hautes tours, les Tours du Silence, pour y être dévorés par les rapaces et les vautours.</p>
<p>Quand vînt le conquérant arabe, il entreprit la conversion en masse des populations, et les lieux de cultes pré-séants furent logiquement menacés ; avec ingéniosité, leurs ouailles les protégèrent en leur donnant des patronymes issus du Livre, les transformant en des lieux saints pour l’Islam. C’est ce qui arriva à Takht-e-Soleyman, littéralement, “Le Trône de Salomon”. Comme le Roi Salomon du Premier Testament avait régné sur une immense Judée, les ecclésiastiques sassanides décidèrent de rebaptiser leurs temples d’une pléthore de lieux attribués au fils de David. Ainsi, le sanctuaire voisin devint “La Prison de Salomon”, et une bonne demi-douzaine de vestiges du coin revendiquent frauduleusement un lien avec le défunt souverain, on peut imaginer aisément trouver ici le boudoir de la Reine de Saba, les toilettes de Salomon, ou sa suite Sofitel (Salomon n’avait pas une super réputation auprès des femmes de chambre) (auprès de toutes les femmes d’ailleurs). En tous les cas ce subterfuge a dû donner des dialogues assez cocasses au VIIème siècle, à coups de cavaliers arabes déboulant pour demander “C’est là La Mecque des zoroastriens ?, on doit tout brûler”, et les autres “Non non, c’est le Trône de Salomon, les zoroastriens doivent être après la Résidence d’Ete de Salomon, au Belvédère de Salomon, à gauche, et de là tu suis jusqu’à dépasser le Pavillon de Chasse de Salomon.” Comme quoi les conquérants auraient dû être un peu plus attentifs en cours d’Histoire Géo, parce que l’Iran est quand même à une bonne trotte de Jérusalem.</p>
<p>Le poids des ans a finalement réussi là où l’envahisseur avait échoué. Le site en lui-même se résume à quelques pans de murs, dont une bonne part, plus récents, datent des Khan mongols, et des fortifications. Mais il est sis dans un cadre idéal, isolé au cœur d’un plateau élevé et enneigé d’où émergent quelques protubérances douces et arrondies, où s’étendent des champs entretenus bordées de petites haies, et des villages clairsemés, où les autochtones vous regardent avec les yeux ronds. Le label Unesco ne draine pas encore les masses touristiques vers ces ruines excentrées. On les découvre au sommet d’une colline ; conformément aux rites ancestraux, les puissances élémentaires s’y exprimaient : le Vent glacé soufflant sans guère d’obstacles sur la lande, la Terre en replis paresseux, l’Eau d’un lac de cratère volcanique cristallin, et le Feu amené depuis des poches de gaz sulfuriques inflammables par un réseau de conduits en céramique.</p>
<p>De nos jours, il y a encore des zoroastriens qui viennent célébrer les fêtes ancestrales à Takht-e-Soleiman (le 21 mars, équinoxe de printemps par exemple). Comme les <a href="www.f0ll0w-me.fr/lalish-a-la-decouverte-des-yezidis/trip" target="_blank">Yézidis</a> d’Irak persécutés, on leur a mené la vie dure afin qu’ils abandonnent leurs convictions. Mais ils sont encore quelques dizaines de milliers en Iran, et la doctrine zoroastrique a profondément marqué la société, de la langue Farsi, au calendrier zoroastrien, toujours en vigueur, en passant par l’influence sur le chiisme. Aujourd’hui, cette religion est représentée par une diaspora mondiale, dont j’ai rencontré les plus éminents représentants : les <em>Parsis</em> (“perse” en hindou) de Bombay, une importante communauté qui a fait le lien entre la société indienne et la régence de la Compagnie des Indes anglaise. Post-indépendance, leur influence politico-économique a été croissante dans la ville la plus peuplée de la plus grande démocratie du monde ; et la richissime famille Tata en est le plus éminent représentant. Tout ça pour dire que la scène confessionnelle iranienne est plus diversifiée qu’on ne l’imagine. <a href="www.f0ll0w-me.fr/jerusalem-1/trip" target="_blank">Les arméniens sont chrétiens et bien planqués, comme d’hab</a>, et ont à ce titre quelques avantages, comme celui de pouvoir consommer de l’alcool, formellement interdit dans tout le pays d’autre part. Les populations d’origines <a href="www.f0ll0w-me.fr/viree-au-kurdistan-irakien/trip" target="_blank">kurdes</a>, <a href="www.f0ll0w-me.fr/la-turquie-du-nord-est/trip" target="_blank">turques</a>, turkmènes et azerbaïdjanaises ont quand à elle leur propre vision de l’Islam.</p>
<br/>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Iran Apercus Perses - Mausolée du Khan Oljeitsu Soltaniyeh" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesMausoleduKhanOljeitsuSoltaniyeh.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Iran Apercus Perses - Mausolée du Khan Oljeitsu Soltaniyeh" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesMausoleduKhanOljeitsuSoltaniyeh_thumb.jpg" border="0" alt="Iran Apercus Perses - Mausolée du Khan Oljeitsu Soltaniyeh" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Le dôme du Mausolée de Soltaniyeh fait paraître le village alentour lilliputien. </p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>L’Islam, justement, n’a pas failli à son habitude de laisser en héritage de véritables merveilles architecturales aux générations futures. Une fois n’est pas coutume, c’est un tombeau qui se dresse non loin pour nous le rappeler, le Mausolée du Khan Oljeitsu, un sultan mongol. La taille de la structure semble complètement démesurée à l’échelle de la petite bourgade de Soltaniyeh qui l’héberge. C’est qu’elle ne sera restée capitale que l’espace d’un petit centenaire, avant d’être rasée par les hordes de Tamerlan, qui dévastèrent la contrée à la fin du XIVème siècle. Ils épargnèrent miraculeusement le mausolée disproportionné et époustouflant. Son célèbre dôme culmine à 48m de haut, pour 25m de diamètre, c’est le troisième plus grand au monde, et le plus grand en brique crue, à l’extrême limite du point de rupture. Les échafaudages s’accrochent à ses murs pour restaurer l’immense édifice, dont nombre d’ornementations ont disparues, mais son élégance demeure entière : on dit du monument qu’il “anticipait” le Taj Mahal. Sa coupole d’un bleu azur reflète les rayons du soleil, et semble répondre aux pics enneigés qui se dressent au loin en deux barres parallèles.</p>
<br/>
<p>Tabriz, au nord du pays, recèle aussi quelques reliques, non loin de son souk aux charmes colorés, avec sa jolie Mosquée Bleue entre autre. Les excursions alentours sont toutes aussi plaisantes, des églises de Jolfa, qui nous rappellent que l’Arche de Noé s’est posée non loin, au château de Babak, forteresse symbole du nationalisme azerbaïdjanais. Ou encore la troglodyte Kandovan, la Cappadoce Iranienne, où la vie rurale tombe nez à nez avec un embryon de tourisme. Les grands cônes de calcaire dévidés, percé de fenêtres, de lucarnes, attifées de terrasses, de linge coloré se dorant au soleil, et flanquées d’appentis bas, de murets, le long desquels s’enroulent des chemins escarpés, grossièrement pavés de rocs mi-dessertis drainent les quelques touristes assez fous pour cheminer au pays des Ayatollahs…</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Iran Apercus Perses - Kandovan cappadocia" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesKandovancappadocia.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Iran Apercus Perses - Kandovan cappadocia" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesKandovancappadocia_thumb.jpg" border="0" alt="Iran Apercus Perses - Kandovan cappadocia" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Ces champignons minéraux abritent un village…</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Ils sont quelques-uns à se risquer par ici, des voyageurs expérimentés pour la plupart, mais j’ai aussi croisé une famille de français avec trois enfants en bas-âge. En vélo ou à moto, en levant le pouce ou en prenant le bus, les routards, plus nombreux que chez le voisin irakien, ne s’arrêtent pas à la mauvaise réputation du pays. L’Iran est une destination prisée des voyageurs depuis des décennies, malgré (ou grâce à ?) un contexte géopolitique délicat, qui barre la route au tourisme de masse. <a href="www.f0ll0w-me.fr/allez-en-prison-ne-passez-pas.../trip" target="_blank">Vous savez déjà à quel point ce pays peut être dangereux</a>. Et beau. Hors, des beautés qui le composent, sa population en est le joyau. La réputation d’hospitalité sans borne des iraniens n’est pas usurpée : j’ai moi même profité d’un hébergement chez l’habitant qui me fut proposé moins de dix minutes après avoir fait tamponner mon passeport ! Il suffit de se balader pour que les gens viennent à vous, emplis d’une saine curiosité, et baragouinent tout l’anglais qu’il possèdent, jusqu’à vous inviter à casser la croûte ou dormir à la maison. C’en est même trop, parfois !, de sollicitations et de ripailles. Cette hospitalité a été forgée par des siècles de culture et d’habitus, répondant aux besoins de générations de marchands empruntant la Route de la Soie, mais aussi, plus à l’Est, aux dures conditions de vie du désert, où laisser quelqu’un à sa porte pouvait équivaloir à le condamner à mort. Cette coutume est si profondément implémentée dans leur mode de vie que, parfois (ça ne m’est pas arrivé, heureusement), on peut être invité à séjourner chez l’habitant “sans grande envie”, un peu par obligation sociale, et l’on sent alors aux mines peu réjouies de ses hôtes que ce n’est pas forcément la panacée que de vous accueillir, mais bon, la tradition, c’est la tradition, point barre.</p>
<br/>
<p>C’est quand même moins criant en ville, et en parlant de ville, venons-en à Téhéran. La capitale est longtemps restée l’une des villes les plus congestionnées du monde, avec son exode rural galopant, son urbanisme anarchique et sa circulation infernale. Les travaux du métro lancés sous le Shah n’ont en effet repris… qu’en 1999. Aujourd’hui encore, seules quelques lignes sont partiellement ouvertes. Ce contexte infernal couplé à la relative jeunesse de la cité font que Téhéran n’est pas un spot très touristique. Il y a pourtant quelques jolies choses à voir, même si pour ma part je n’eus le temps de ne visiter que les Palais du Golestan. Sous la houlette de la dynastie Qajar, impressionnée par les palaces occidentaux, prospérèrent ces lieux de pouvoir et de luxe. Surmontant les jardins géométriques et les fontaines, derrière les riches décorations de faïences de façades parfaitement harmoniques, les salles de réceptions, trônes, Tour de l’Horloge, pièges à vent, salons des glaces, rappellent les fastes de la cour royale.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Iran Apercus Perses - Palais Golestan Téhéran" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesPalaisGolestanThran.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Iran Apercus Perses - Palais Golestan Téhéran" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesPalaisGolestanThran_thumb.jpg" border="0" alt="Iran Apercus Perses - Palais Golestan Téhéran" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Une des spécialités architecturales iranienne : l&#39;harmonie parfait des jardins du Golestan, sur fond de gratte ciel grisâtre de la Radio-Télévision d&#39;Etat ;)</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>De Darius à Reza Chah, des personnages forts se sont succédés à la tête de l’Etat. Depuis la Révolution Islamique de 1979, le pouvoir politique a été mis sous tutelle du pouvoir religieux. La société toute entière, aussi. La question du droit des femmes est bien évidemment particulièrement épineuse, et je n’aurais pas eu assez de temps sur place pour pouvoir en discuter avec une interlocutrice, un exercice assez difficile pour le voyageur solitaire. Pour les jeunes aussi, c’est l’enfer. Niveau boulot, c’est franchement pas la joie, comme me le décrit un frais diplômé en aéronautique qui rêve de Toulouse. Niveau vie sociale ou culturelle, c’est souvent cadenassé. Ainsi que le narre le long-métrage <em><a href="http://www.liberation.fr/festival-de-cannes-2009/0101567172-ah-ca-iran-ca-iran-ca-iran" target="_blank" class="broken_link">Les Chats Persans</a></em> &#8211; film underground, sur l’underground iranien, Cannes-awardé -, la musique rock, électronique, reggae, punk, métal ou rap est interdite par le régime, et les femmes n’ont d’ailleurs pas le droit de monter sur scène. Les nouvelles générations ont pourtant accès à Internet, ou à la télévision par satellite. Alors ils savent. Alors ils s’organisent. Ils résistent. Ils se cachent, montent des concerts clandestins, où l’on trouve des femmes non-voilées, de l’alcool, de la drogue. S’ils sont dénoncés, s’il y a une fuite, les policiers foutent tout le monde en prison, indistinctement. Les risques sont élevés.</p>
<br/>
<p>Je manquerai de temps / de talent pour contacter cette sphère hétéroclite. Mais il est d’autres gens que je veux rencontrer, ou au moins voir à l’œuvre. Alors le vendredi, jour saint, je me glisse dans le souk de Téhéran, étonnamment vide. C’est toujours impressionnant, un souk déserté, le vendredi, ou la nuit. Les venelles et les passages se découvrent tout d’un coup, camouflés qu’ils étaient derrière des étals surchargés, débordants. L’air est lourd, et étouffant. Un silence assourdissant, de cathédrale, envahit les rues aux volets métalliques clos, bordées de murs hauts ; le tumulte de la ville toute proche ne peut pas pénétrer le lourd entrelacs de ruelles du bazar. Puis les bruits sourds résonnent. Les basses s’éclatent sur les pavés en pulsations régulières tandis qu’on remonte à la source de ce torrent cacophonique ; et des battements sourds, profonds, qui se répercutent dans le labyrinthe&#8230; qui hachent les accents enflammés des prêches. Des rues adjacentes, un flot de plus en plus nombreux d’hommes et quelques femmes affluent comme des papillons à la flamme d’une bougie. J’approche de la Mosquée Imam Khomeini, dont le nom est aussi symbolique que sa position, en plein cœur du souk, l’aimant des couches populaires, le refuge de <em>bazaris</em>, ce contre-pouvoir désorganisé, incontrôlable, traditionaliste, qui régente les plus démunis des citadins iraniens. Au détour d’une fontaine, j’aperçois enfin les auteurs du fatras.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Iran Apercus Perses - foule vendredi mosquee Khomeini" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesfoulevendredimosqueeKhomeini.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Iran Apercus Perses - foule vendredi mosquee Khomeini" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesfoulevendredimosqueeKhomeini_thumb.jpg" border="0" alt="Iran Apercus Perses - foule vendredi mosquee Khomeini" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Et hop ! Le cortège plaqué dans l’souk !</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Un prêcheur galvanisé s’époumone en longues litanies dans un micro vétuste, perché sur un ampli branlant, compressé contre un mur. Une trentaine d’hommes s’agglutinent à ses pieds, se frappent la poitrine de toutes leurs forces, à un rythme lent, régulier, en reprenant les paroles d’inspiration divine, ils déclenchent ainsi de véritables conflagrations. Nettement plus démonstratifs que chez les sunnites dis donc. Les poils s’hérissent sur la nuque à cette vue, une sensation de puissance s’en dégage, une communion menaçante, distillant une réaction comme seul le Haka Maori m’en a donné l’expérience. La mince traverse est totalement embouchée par cette foule. Je décide de poursuivre tout de même en direction de la mosquée. Je n’avais de toute façon pas l’intention d’y mettre les pieds, juste d’y traîner aux alentours en quête de témoins, peut-être jeter un œil à la cour de l’extérieur, si la chose est possible. Mais je ne me sens pas directement menacé par les fidèles, aucun regard malveillant ne m’est adressé tandis que je fend le demi-cercle des marteleurs en emboîtant le pas à un autochtone. Pour retrouver un autre groupe en train de se flageller 20m plus loin (mieux organisés eux, en deux ou quatre lignes vaguement parallèles, face à leur prêtre). Le temps de souffler, une tête surgit d’une cloison de tôle entrebâillée. Il me fait signe d’approcher, je tique. Alors il exhibe un bol de soupe de lentilles et me le tend. Routard Aguerri par vocation (ce que par chez nous on appelle “un crevard”), je ne refuse jamais quand on me propose de la bouffe, surtout si c’est gratos. D’ailleurs un cortège d’iraniens dépenaillés défilent aussitôt pour profiter ce repas de fortune. Tandis que je termine ma pitance, l’un d’eux me saisit par le poignet, et m’entraîne avec un sourire bienveillant hors du vacarme, puis, en cherchant à m’entretenir dans son <em>Baby English</em>, vers une grande porte cochère. A l’angle, je m’aperçois qu’elle ouvre directement sur la mosquée. Moment de panique, mais c’est trop tard. Mon interlocuteur continue de m’entraîner, les fidèles se retournent, interloqués de voir un occidental. Un con de touriste occidental paumé.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Iran Apercus Perses - lignes vendredi mosquee Khomeini" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPerseslignesvendredimosqueeKhomeini.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Iran Apercus Perses - lignes vendredi mosquee Khomeini" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPerseslignesvendredimosqueeKhomeini_thumb.jpg" border="0" alt="Iran Apercus Perses - lignes vendredi mosquee Khomeini" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Les batteurs fous, dans leurs versions “lignes parallèles”</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesvendredimosqueeKhomeini.jpg" target="_blank"><img class="aligncenter" style="display: inline; border: 0pt none;" title="Iran Apercus Perses - vendredi mosquee Khomeini" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2011/05/IranApercusPersesvendredimosqueeKhomeini_thumb.jpg" border="0" alt="Iran Apercus Perses - vendredi mosquee Khomeini" width="352" height="198" /></a> </em></p>
<br/>
<p>Avant que je comprenne ce qui m’arrive, je suis catapulté dans une petite pièce de la mosquée. Je tâte discrètement ma caméra, dont j’ai l’habitude de braquer brièvement l’objectif sur la scène par un trou de ma doublure. Ca doit toujours tourner. Juste une prise son. Quelques hommes s’asseyent là brièvement, soufflent, se relèvent comme des ressorts, prennent l’une des trois portes adjacentes. Personne ne parle anglais, je me contente d’exhiber mon plus beau sourire “je suis un touriste et je suis un gentil con” (TM) et d’expliquer que je suis français. Et chrétien bien sûr. L’athéisme n’est pas bien vu par ici, et ce n’est pas le moment d’engager un débat théologique sur les mérites comparés de l’agnosticisme ou de la laïcité. Je fais semblant de m’intéresser aux ornementations du XVIIIème siècle. Une double porte s’ouvre de tous ses battants, pour livrer place à un homme ahanant, hâlant un transpalette, chargé de barquettes en carton fumantes. On m’en tend une : riz, frites, lentilles, pièce de mouton. Je me goinfre en tentant de respecter la sacralité des lieux. Puis on me raccompagne dans la cour. En son centre, on me présente l’Imam Hussein, dont on me fait comprendre par geste que la bénédiction guérit de toutes les afflictions. C’est un tout petit homme avec un bouc, une robe cérémoniale blanche très sobre, et un kéfié rouge et blanc digne de Yasser Arafat, dont le visage s’orne d’un large sourire (qui ne le quittera plus) tandis que je lui serre la main. Les dignitaires qui l’entourent m’extirpent tous les renseignements possibles, avec toutes leurs ressources linguistiques, traduisent &#8211; je sors à peine de la zone kurde, et je ne connais pas trois mots de Farsi -. Il hoche la tête visiblement ravi. Je me confonds en remerciements, confirme qu’Allah est décidément bien grand.</p>
<p>Délivré de mes obligations officielles, je cherche à m’éclipser lorsque que l’on m’attrape par l’oreille : j’ai oublié de prendre le thé. De l’autre côté d’une grande table dressée sur des tréteaux, trois hommes s’affairent à remplir les gobelets à la chaîne. Sur les visages burinés des hommes et des femmes, repus, s’affichent de grands sourires. Les interjections enthousiastes se répondent d’un bord à l’autre, les rires fusent dans cette Cour des Miracles perse, où les plus pauvres se réunissent.</p>
<br/>
<p>Heureux de communier. De partager.</p>
<p>Heureux d’accueillir.</p>
<br/>
<p>Car c’est ça le visage de la rue iranienne.</p>
<br/>
<p><em>Attention si vous débarquez, j’ai connu <a href="www.f0ll0w-me.fr/allez-en-prison-ne-passez-pas.../trip " target="_blank">quelques déboires</a> en Iran, et vous souhaitez découvrir ce pays, je ne saurais que vous conseiller de lire <a title="Ministère - Iran" href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/pays_12191/iran_12262/index.html" target="_blank" class="broken_link">les </a></em><a title="Ministère - Iran" href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/pays_12191/iran_12262/index.html" target="_blank" class="broken_link"><em>recommandations du Site du Ministère des A</em></a><em><a title="Ministère - Iran" href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/pays_12191/iran_12262/index.html" target="_blank" class="broken_link">ffaires Etrangères</a>, de ne partir que si vous êtes aguerri et de vous montrer extrêmement prudent. </em></p>
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		<title>La petite mort du blog&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Mar 2011 08:47:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Est-ce la fin finale, la vraie ?
Non, deja je vais tenter de reecrire ce temoignage de mon sejour derriere les barreaux persans. Oui, avec un clavier Qwerty. Car mon courage n'a pas de limite. Ensuite, on ne peut pas exclure que le laptop susnomme revienne dans la course a un moment ou a un autre, fort d'une nouvelle carte mere qui esperons-le, tiendra plus de 6 mois. Je vous tiens au jus.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>                        <em> < Inserez mentalement une image de plage de sables fins et de cocotiers par ici > </em><br />
<br/><br />
Bonsoir !<br />
<br/><br />
Et oui, ca fait un moment que l&#8217;actu fait defaut par ici&#8230; Et croyez bien que je le regrette.<br />
Il se trouve qu&#8217;apres mon infortune sejour iranien, j&#8217;ai connu une douce parenthese hexagonale, lors de laquelle je delaissais quelque peu l&#8217;ecriture pour m&#8217;adonner aux joies des retrouvailles, du glandage et du bourrage de gu&#8230; Periode chargee donc. Mais pas eternelle, et ainsi, fin fevrier, je repris l&#8217;avion a destination de Delhi, &#038; bien decide a reprendre la plume par la meme occasion.<br />
C&#8217;etait sans compter sur mon malheureux laptop qui avait deja quelques milliers de bornes dans les pattes, une grosse demi douzaine de contrees differentes, et presque autant de normes electriques. Trop pour le sensible appareil. Il s&#8217;eteint dans la nuit du 13 mars pour ne plus jamais s&#8217;eveiller, paix a son ame.<br />
<br/><br />
Une perte d&#8217;autant plus regrettable que le second article de mes aventures iraniennes etait pour ainsi dire pret ; une serie d&#8217;articles que je devais intituler <em>Doudou, Vie &#038; OEuvre d&#8217;un Persecute Politique, Autobiographie en 1800 pages</em> -ce qui donne une idee du volume de ce post perdu-.<br />
<br/><br />
Est-ce la fin finale, la vraie ?<br />
Non, deja je vais tenter de reecrire ce temoignage de mon sejour derriere les barreaux persans. Oui, avec un clavier Qwerty. Car mon courage n&#8217;a pas de limite. Ensuite, on ne peut pas exclure que le laptop susnomme revienne dans la course a un moment ou a un autre, fort d&#8217;une nouvelle carte mere qui esperons-le, tiendra plus de 6 mois. Je vous tiens au jus.<br />
<br/><br />
Sans grande surprise, je peux vous confirmer que l&#8217;Inde est une chouette experience, sur laquelle j&#8217;apprecierai de pouvoir vous livrer mes impressions, nous verrons.<br />
D&#8217;ici la, premdez-soin de vous,<br />
Bisou, de Goa,<br />
Doudou<br />
<br/><br />
<br/><br />
<em>Sorry buddies but I won&#8217;t be able to write a lot next weeks cause my laptop suddenly died&#8230; I may come back after !!!</em></p>
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		<title>Virée au Kurdistan Irakien</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Dec 2010 17:26:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Région Autonome du Kurdistan est aujourd’hui devenu l’endroit le plus sûr d’Irak, et commence difficilement à s’ouvrir au monde et au tourisme. Elle dispose d’un véritable statut “à part” dans cette région du monde, depuis 1991 et le soulèvement contre le régime baasiste.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 599px"><a title="Kurdistan Irakien - Monument aux morts d'Halabja" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienMonumentauxmortsdHalabja.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Monument aux morts d'Halabja" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienMonumentauxmortsdHalabja_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Monument aux morts d'Halabja" width="589" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Le Memoriam d’Halabja se découpe sur les montagnes kurdes</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>La Région Autonome du Kurdistan est aujourd’hui devenu l’endroit le plus sûr d’Irak, et commence difficilement à s’ouvrir au monde et au tourisme. Elle dispose d’un véritable statut “à part” dans cette région du monde, depuis 1991 et le soulèvement contre le régime baasiste. Quelque peu protégée par les américains, elle s’est dès lors dotée de sa propre assemblée, son premier ministre et son gouvernement, son armée (les “peshmergas”, littéralement, “ceux qui font face à la mort”), son administration, son drapeau, et elle délivre ses visas. “On n’a plus que l’argent qui est irakien”, se voit-on dire dans les rues.</p>
<p>On s’en rend compte dès ses premiers pas dans cette autre Irak. Dans la ville de Zahko, les passants flânent le long des rives du Khabur, jusqu’au Delal Bridge, un pont jeté là il y a si longtemps qu’on en ignore qui l’érigea… et surtout comment, vu les énormes blocs de pierre qui composent ses arches. Le folklore local veut que son architecte eût les mains coupées pour l’empêcher de reproduire un tel prodige.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - Delal Bridge" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienDelalBridge.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Delal Bridge" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienDelalBridge_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Delal Bridge" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">  L’antédiluvien Delal Bridge serait peut-être romain.  Ou peut-être pas. </p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Les allées du bazar de Dohuk confirment cette impression de sécurité. Les hommes marchandent et s’interpellent dans leur langue chamarrée. Nombreux sont ceux qui revêtent l’habit traditionnel, une sorte de combinaison de parachutiste de la Première Guerre, d’un seul tenant et fendue sur tout le torse, brune, kaki ou bleue, enserrée dans une large étoffe à carreaux à la ceinture. Ils sont coiffés d’un turban noué autour d’un kilaw, un bonnet tressé traditionnel coloré qui diffère selon chaque tribu.</p>
<p>En pratique pourtant, la différence avec l’Irak arabe reste ténue : la caste politique fermée et conservatrice est basée sur un système clanique, gangréné par la corruption, immobiliste. Le corpus législatif diffère peu de celui de la nation irakienne. Mais les kurdes sont heureux de cette semi-indépendance, d’abord parce qu’ils se sentent moins menacés, peuvent parler et enseigner dans leur langue, et jouissent d’une sorte de reconnaissance officielle.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - Amadiya" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienAmadiya.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Amadiya" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienAmadiya_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Amadiya" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Amadiya trône dans son cirque de formations rocheuses.</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p><span id="more-592"></span>Depuis Dohuk, et l’<a href="http://www.f0ll0w-me.fr/lalish-a-la-decouverte-des-yezidis/trip" target="_blank">escapade à Lalish</a> accomplie, cap sur Amadiya. L’ancien village fortifié a été victime de l’urbanisation moderne, et ne présente aucun intérêt. Mais le promontoire sur lequel il est sis domine une étroite vallée vallonnée ornée d’une couronne de montagnes élancées. On se croirait dans la paume d’une main titanesque… Premier contact avec ce qui fait la richesse du Kurdistan : sa nature sauvage et riche, ses paysages à couper le souffle. On les retrouve à l’Est d’ici, le long de la Hamilton Road, chef d’œuvre d’ingénierie du début du XXème siècle qui relia la Perse au bassin méditerranéen. Elle court au fond du Grand Canyon du Moyen Orient, s’agrippe à ses parois le long des 12 km qui le compose, puis lutte sur un long plateau hérissé de crêtes rocheuses hostiles, s’élevant progressivement jusqu’au poste frontière avec l’Iran, où des préfabriqués et de tristes bâtiments bétonnés insultent les cimes couvertes de neiges éternelles et les glaciers millénaires.</p>
<p>La tension aux frontières rappelle la fragilité de la situation locale. Les volontés émancipatrices kurdes passent très mal chez les voisins iraniens, turcs et syriens. Ainsi, si les autorités de la région autonome n’affichent aucune proximité avec le PKK ou les autres indépendantistes, elles sont régulièrement accusées de leur servir de base arrière, et à ce titre les escarmouches, intrusions et bombardements frontaliers sont légions.</p>
<p>La Hamilton Road ramène justement à <a title="Erbil" href="http://www.f0ll0w-me.fr/erbil-la-ressuscitee/portraits" target="_blank">Erbil</a>, “capitale” de la région. D’ici on gagne Suleymaniyah, une ville importante réputée pour son ouverture d’esprit, sa modernité et sa scène culturelle. Le jeune Ibrahim en témoigne, traducteur pour les soldats américains, il a dû fuir Bagdad sous une avalanche de menaces, pour la Syrie tout d’abord, puis pour revenir travailler au Kurdistan.</p>
<p>Le <em>must-see</em>, c’est l’Amna Suraka, ou Red Security. QG local du Mukhabarat, le KGB de Saddam Hussein, on y a torturé et exécuté sommairement des milliers de dissidents politiques. Elle est devenue Bastille des kurdes lorsqu’elle fut prise d’assaut par les révoltés en 1991. La façade rouge du bâtiment rappelle la violence des combats qui y firent rage, criblée d’impacts de balles et de traces d’explosions. C’est maintenant un Musée des Crimes de Guerre d’où l’on ressort secoué, habité des images de cellules exigües et de la cruauté inhumaine des bourreaux.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - Red Security" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienRedSecurity.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Red Security" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienRedSecurity_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Red Security" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Bullet holes sur le symbole de la tyrannie. </p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>S’il y a bien une chose qu’on a appris avec nos copains allemands, c’est que ce qui est plus marrant qu’une bonne guerre bien horrible, c’est de se faire une autre bonne guerre bien horrible. Les kurdes ont appliqué ce chouette théorème à leur manière… Trois ans après s’être libérés des baasistes, le PUK Suleymaniyien et le KDP du nord du pays s’écharpaient donc joyeusement dans une guerre civile. Le KDP vint déloger son rival de son bastion en 96 avec l’appui… de l’armée irakienne. Le cessez-le-feu n’intervint que deux hivers plus tard.</p>
<p>Suleymaniyah est aussi connue pour sa forte communauté chrétienne. John en est. Iranien d’origine, et fraîchement diplômé d’anglais, il vient d’émigrer ici à la recherche de travail à peine sa vingtième bougie soufflée. C’est un sacré gaillard de presque 2m de haut, doté d’un américain parfait, boxeur, et talentueux violoncelliste, entre autres instruments… mais qui s’effondre à la troisième bière. En Iran, il a invité sa petite-amie potentielle à sortir. Se baladant seuls, ils furent arrêtés par la police, et jetés en prison le temps d’une nuit, pour offense au bonnes mœurs. Il ne la reverra plus jamais.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - violon yezidi" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienviolonyezidi.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - violon yezidi" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienviolonyezidi_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - violon yezidi" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Non ce n’est pas John, mais un autre violoncelliste, yezidi.</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Il voudrait s’en aller outre-atlantique, excédé, me confie-t-il, par la bêtise des siens. Il n’est pas le seul subjugué par le rêve américain, ici, le libérateur est acclamé. Souvent, le portait de Bush-fils côtoie celui du “président” Barzani. Les grandes marques des <em>States</em> cristallisent la popularité, et les pseudos-artistes américains cartonnent dans les téléphones portables (ne vous aventurez pas à parler des Ramones ou de Johny Clash quand même, ici, on s’arrête à <em>50 Cents</em> et Mickael Jackson…). Nulle part la bannière étoilée n’a flottée avec tant d’allant.</p>
<p>Allons, une ultime étape pour mieux comprendre ce Kurdistan.</p>
<p>Halabja. Ce nom fait frémir plus d’un kurde. Le 16 mars 1988, au matin, les troupes baasistes encerclent cette ville frontalière tenue par les combattants islamistes iraniens, forte de quelques dizaines de milliers de civils. Les bombardements durent une poignée d’heures. L’accalmie, très brève. Puis l’aviation s’acharne longuement sur la cité avec un cocktail d’armes chimiques variées. A voir les photos de vaches grasses foudroyées dans les prés environnants, on ne donne pas cher de la peau des enfants d’Halabja. Les habitants s’effondrent en suffoquant dans les rues, brûlent, étouffent, meurent. Les chasseurs mitraillent ceux qui cherchent à trouver refuge dans les montagnes.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - Mur Halabja" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienMurHalabja.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Mur Halabja" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienMurHalabja_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Mur Halabja" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Parmi ces 5000 noms gravés dans le marbre, il en est un cerclé de vert. Celui d’un enfant qui a survécu, et dont on n’a découvert l’existence que très récemment. </p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Au terme de ce 16 mars, près de 5.000 corps s’entasseront dans la fosse commune. Plus de 10.000 victimes souffriront voire succomberont dans les hôpitaux iraniens. Les survivants, les amputés, les grands brûlés, vivront sous les tentes des camps de réfugiés pendant quelques années.</p>
<p>Les photographes sont arrivés deux jours après, témoins des morts jonchant les rues, des familles fauchées dans leur fuite, des pères couvrant leur enfant de leur corps, des yeux révulsés et des peaux calcinées, auteurs de clichés effroyables qui couvrent les murs du Memorium. La communauté internationale ne dit mot. L’ONU se tût.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Kurdistan Irakien - Halabja photos" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienHalabjaphotos.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Kurdistan Irakien - Halabja photos" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/KurdistanIrakienHalabjaphotos_thumb.jpg" border="0" alt="Kurdistan Irakien - Halabja photos" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">n0 c0mment...</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Pendant les trois années suivantes, Saddam et son triste frère “Chemical Ali” eurent encore tout loisir de porter à 5.000 le nombre de villages kurdes détruits, à 182.000 meurtres le compte des victimes du génocide.</p>
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		<title>Lalish : à la découverte des Yezidis</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Dec 2010 12:16:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il faut dire que les bonshommes ont le profil du persécuté : kurdes, adorateurs du Diable, idolâtres, nombreux et indociles. Une sorte de cocktail gauchers-roux-sorcières-juifs sauce orientale, montez les bûchers. Mêmes les autres confessions kurdes ont préféré leur fumet à celui des Fils d’Abraham !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 599px"><a href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishvalleedeLalish.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Lalish - vallee de Lalesh" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishvalleedeLalish_thumb.jpg" border="0" alt="Lalish - Lalish valley" width="589" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Début décembre, le vert tire doucement vers le jaune…</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Mes premiers pas en Irak m’amenèrent rapidement à croiser des kurdes “yezidis”. Dans un anglais approximatif, on m’expliqua qu’ils n’étaient ni chrétiens, ni musulmans, mais bien kurdes, sans pouvoir m’en apprendre beaucoup plus. Bien décidé à savoir ce qu’il en était, je décidais donc le temps d’une journée de mettre le cap sur Lalish, ville dont ils seraient originaires.</p>
<p>Première embûche, comment s’y rendre ? Tentons le bus : direction le <em>garaj</em> de Dohuk, où un chauffeur tout sourire hoche du chef au nom de Lalish. Joie. Une heure d’attente plus tard, il me largue 500 malheureux mètres plus loin devant un bâtiment bas affichant “Lalish Cultural  Center” au fronton. Dé-joie. Mais au moins ces gus là devraient me renseigner, entrons.</p>
<p>Pas de bus pour Lalish. On se propose de me négocier un taxi à 40$, ce qui me fait renoncer à mon entreprise : 40$, c’est plus de deux jours de budget de voyage, tout frais compris. Bref conciliabule chez mes hôtes : “ok bonhomme, pour toi on régale, bouge pas que je t’appelle un taxi de mes amis”. Le Centre a pour vocation de faire connaître la culture yezidi, et un occidental en goguette qui s’y pointe sans crier gare, c’est le jackpot. En attendant mon chauffeur, j’entreprends donc d’en apprendre un peu plus sur les bougres, principalement pour m’éviter une inénarrable noyade sous le tsunami de thé dispensé par mes attentionnés comparses.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Lalish - Yazidis" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishYazidis.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Lalish - Yazidis" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishYazidis_thumb.jpg" border="0" alt="Lalish - Yezidis" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Jeunes yezidis enjambant précautionneusement le pas de porte tabou…</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Et au bout d’une heure, j’y vois plus clair.</p>
<p>Il apparaît qu’en fait le Yézidisme est une religion (ou une secte selon l’angle) pré-zoroastrienne d’origine indo-aryenne ayant par la suite incorporé des éléments de judaïsme, christianisme et islamisme.<span id="more-541"></span></p>
<p>Confus ? En gros cela donne une croyance monothéiste avec 7 archanges très proche d’un statut divin, le premier desquels tomba en disgrâce (le Diable ?) puis fut réintégré à ce Panthéon. Ils ne se reconnaissent pas de Prophètes, sont issus d’Adam, et non d’Eve, se font baptiser, prient 5 fois par jour, ont deux jours saints par semaine, mangent un <em>casher </em>à eux, entretiennent un système de castes et croient en la réincarnation transcendantale. Ils seraient 500.000 au monde selon la police, 1.200.000 selon les manifestants, et, pas de pot pour vous, n’acceptent pas les conversions.</p>
<br/>
<p>Mon chauffeur de taxi, Dakhil, a ce visage rond qui associe harmonieusement une bonhommie manifeste à une joie de vivre indéniable. La région autonome du Kurdistan Irakien, si ce n’est pas encore la Suisse Romande au niveau des conditions de sécurité, jouit d’une fragile stabilité, ses habitants y prospèrent à l’abri des violences que connaissent les Arabes Irakiens voisins. Et bénissent largement le libérateur américain. Dakhil me questionne assidûment, épuisant méthodiquement toutes ses maigres ressources en langue anglaise. Puis, “You like Shakira ?”.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Lalish - Dakhil" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishDakhil.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Lalish - Dakhil" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishDakhil_thumb.jpg" border="0" alt="Lalesh - Dakhil" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Dakhil et sa bouille.</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Image improbable d’un taxi fonçant à toute berzingue dans les rues de Dohuk, vitres baissées, cigarettes et lunettes noires, <em>50Cents </em>craché de toute la puissance de son autoradio…</p>
<br/>
<p>Du temps pour compulser l’imposante brochure du Lalish Center. Quelques pages d’anglais, écrites en gros, pour des centaines de photos grand format et arbitrairement légendées du moindre sous-comité de cambrousse ressemblant plus à un album d’anniversaire du début des années 80 : typique. Pas de conversion possible disais-je : on naît yezidis, on meurt yezidis. Et l&#8217;on s’est particulièrement appliqué sur ce dernier point, semble-t-il. Ce qu’il reste de l’histoire de cette communauté, ce sont quelques notes en marge des archives des grands Califes du coin : “13 mai : massacré 1261 yezidis, rasé 2 villages”. Leurs propres annales ont été détruites avec le systématisme effrayant que l’on réserve aux persécutés de longue date, une tradition que même Saddam fera perdurer. Il faut dire que les bonshommes ont tout l’attirail pour générer de la <em>fatwa</em> à tour de bras : kurdes, adorateurs du Diable, idolâtres, nombreux et indociles. Une sorte de cocktail gauchers-roux-sorcières-juifs sauce orientale, montez les bûchers. Mêmes les autres confessions kurdes ont préféré leur fumet à celui des Fils d’Abraham !</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Lalish - Daniele Miterrand" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishDanieleMiterrand.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Lalish - Daniele Miterrand" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishDanieleMiterrand_thumb.jpg" border="0" alt="Lalesh - Daniele Miterrand" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">“Danial Meteran” dans l’album de photos de famille du Centre Culturel</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Voilà l’épicentre de cette haine ancestrale, Lalish est tout à la fois La Mecque, la Jérusalem et la Bénarès des yezidis. Les lieux sont loin d’être monumentaux, c’est un village blotti à l’entrée d’un vallon boisé. Couvert d’une végétation aussi rebelles que ses habitants, qui se refuse à jaunir sous les assauts de l’automne. La pierre froide cueille à nu la plante des pieds des pèlerins : toute la ville est sacré. Les jeunes filles ne portent pas le voile et gloussent dans la cour du Grand Temple. Le Saint des Saints est une basilique de sobriété, décorations pauvres sur murs gris. Il faut dire qu&#8217;au cours des siècles l’institution a reçu la visite de nombre d’ayatollahs profanateurs… Les autres édifices suivent la même mode, quelques chaumières en terrasses, une poignée de mausolées, un baptistère, de petits temples… Il est interdit de poser le pied sur les pas de porte. Les lieux sont parcourus d’un souffle calme et frais qui bruisse dans la végétation environnante au soleil couchant. Un havre de paix.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Lalish - Great Temple" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishGrandTemple.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Lalish - Great Temple" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/LalishGrandTemple_thumb.jpg" border="0" alt="Lalesh - Grand Temple" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Les imposants dômes coniques du Grand Temple.</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Depuis 1991 et l’autonomie qu’ont acquis les kurdes par les armes, les yezidis tentent de se réconcilier avec les leur, vivent en meilleure entente, et ont acquis plus de droits. Ils conservent leurs traditions. Celles sur le mariage par exemple : c’est qu’ils sont pointilleux sur le mariage. On ne se marie qu’avec un autre membre de sa caste, enfin de sa sous-catégorie de caste en vérité. Dommage pour Doa Khalil Aswad. 17 ans en 2007, amoureuse d’un sunnite, elle fut lapidée par les siens. Histoire de garder une trace pour les longues soirées d’hiver, la scène se retrouva sur Youtube (vive les téléphones portables) ; et une joyeuseté en appelant une autre, les représailles ne se firent pas attendre. 23 yezidis furent sommés de descendre d’un bus et abattus sans coup férir. Puis ce fut un attentat suicide dans un village yezidis qui fit près de 500 victimes.</p>
<p>Pour sûr, il y a des bonnes volontés dans chacun des camp, qui cohabitent actuellement.</p>
<p>Mais les plaies de l’Histoire ne sont pas prêtes à se refermer.</p>
<br/>
<br/>
<br/>
<p><em>Plus d&#8217;infos sur <a title="Ezidi.fr" href="http://ezidi.fr/" target="_blank">ezidi.fr</a></em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Diyarbakir, l&#8217;ame kurde</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Dec 2010 18:53:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Diyarbakir ressemble aujourd’hui à n’importe quelle grande agglomération turque, si ce n’est que la majeure partie de ses habitants ne se reconnaissent pas dans cet état. La vieille ville surplombe le Tigre de ses imposants remparts du plus beau basalte, la plus longue muraille après celle de Chine, paraît-il. Ce même ébène minéral orne les monuments de la ville, pour l’essentiel des églises et de jolies mosquées ouvragées du XVème et XVIème siècle.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 592px"><a title="Diyarbakir - Behram Pasa Camii" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/DiyarbakirBehramPasaCamii.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Diyarbakir - Behram Pasa Camii" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/DiyarbakirBehramPasaCamii_thumb.jpg" border="0" alt="Diyarbakir - Behram Pasa Mosquee mosque" width="582" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">La mosquée Behram Pasa toute de basalte et de marbre vêtue, est le bébé de Sinan, l’architecte de la Mosquée Bleue (entre autre). </p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Pour les kurdes de Turquie, Diyarbakir est “leur” capitale. Le PKK avait là la main haute sur une ville symbole de l’explosion urbaine qu’a connu la Turquie : de petite bourgade de quelques milliers d’âmes qu’elle était au début du siècle, elle est passée à une métropole de près d’un million d’habitants. Puis vinrent les années sanglantes, de 1984 à 1999, elle fut au cœur de la lutte entre les séparatistes kurdes et l’armée turque.</p>
<p>De ce récent bain de sang, il ne reste aucune trace. Diyarbakir ressemble aujourd’hui à n’importe quelle grande agglomération turque, si ce n’est que la majeure partie de ses habitants ne se reconnaissent pas dans cet état. La vieille ville surplombe le Tigre de ses imposants remparts du plus beau basalte, la plus longue muraille après celle de Chine, paraît-il. Dans les recoins de l’étroit chemin de ronde et aux sommets de tours affaissées, les jeunes des environs fument leur haschich à l’abri des regards indiscrets. Ce même ébène minéral orne les monuments de la ville, pour l’essentiel des églises et de jolies mosquées ouvragées du XVème et XVIème siècle.</p>
<br/>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="diyarbakir - musique kurde" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/diyarbakirmusiquekurde.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="diyarbakir - musique kurde" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/diyarbakirmusiquekurde_thumb.jpg" border="0" alt="diyarbakir -  kurdish music" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Chants kurdes et papi enjoué…</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p><span id="more-513"></span></p>
<p>Mais l’important n’est pas là, comme souvent. Ici, c’est l’accueil des kurdes qui fait de cette destination un souvenir impérissable. 14 secondes après avoir titubé hors du bus, Muzaffer et Veysel m’embarque dans le labyrinthe de la vieille ville. Direction un centre culturel kurde, hébergé dans une habitation traditionnelle imposante et charmante. Des grappes de jeunes attablés discutent bruyamment, font leurs devoirs. Nous nous joignons à une tablée joyeuse qui joue avec volupté de la guitare kurde, classique, et des percussions. Un chœur de voix s’élève de ces accords tristes et mélancoliques. Quelques vieux gagnent alors la compagnie et entonnent des airs immémoriaux, miment quelques pas de danse, font des pitreries, chambrent les adolescents admirant le spectacle juchés de leurs fenêtres, ramenant des sourires sur les visages des plus jeunes…</p>
<p>Muzaffer est diplômé depuis un an, mais ne trouve pas de travail. Alors, pour y pallier, il est professeur d’anglais suppléant dans une école non loin. Il me pose des questions sur Comment aller en Europe ?, j’ai le plus grand mal à le renseigner. Veysel joue au football, gardien. Il aimerait bien en faire son métier, mais sait que c’est un doux rêve. Il est malentendant… Il a terminé ses études lui aussi, mais commence désormais à apprendre l’allemand, et travaille son anglais. Il souhaiterait être guide. Autre rencontre, l’ancien directeur de l’Office de Tourisme, me confirme dans un français impeccable que le tourisme pourrait être une bouffée d’oxygène pour cette région désertée des routards pendants deux décennies…</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/diyarbakirkurdes.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="diyarbakir - kurdes" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/diyarbakirkurdes_thumb.jpg" border="0" alt="diyarbakir - kurdes" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Veysel et Muzaffer me guident dans la ville…</p></div>
<p style="text-align: center;">
<br/>
<p>Et <em>de facto </em>Diyarbakir est la meilleure des bases pour rayonner dans le secteur, d’ici on gagne rapidement Mardin. Ses bâtisses ont des airs de vieille ville de Jérusalem, blotties sous l’ancestral château, le panorama en plus… Le souk animé s’échelonne sur le coteau… De séculaires <em>medresa</em> (écoles) et une petite mosquée parsèment la ballade…</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Diyarbakir - Mardin" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/DiyarbakirMardin.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Diyarbakir - Mardin" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/DiyarbakirMardin_thumb.jpg" border="0" alt="Diyarbakir - Mardin" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Le soleil se couche sur les versants de Mardin…</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Demi-tour et direction Hasankyef. Bref sourire en passant sur les terres de Batman, la préfecture du coin : voilà un maire doit s’arracher les poils de la moustache à l’évocation du référencement Google de sa cité.</p>
<p>Hasankyef c’est la Cappadoce de l’Est. A une échelle plus modeste, sans conteste, mais aussi plus chaleureuse… Ici, les dantesques piles d’un antique pont effondré ont été converti en perchoirs habités. Les falaises qui s’élèvent abruptement de la plaine limoneuse sont coiffées d’une forteresse en ruine. En contrebas, les vallées calcaires abritent un gruyère d’habitations troglodytes, dont certaines ont encore un usage. De l’amas de basses maisonnées de la partie ancienne du village “hors-sol” s’élance des minarets sertis de bas-reliefs travaillés. Non loin, des tombeaux finement décorés et d’antédiluviennes mosquées croulantes brisent les lignes des courbes douces des collines. L’écrin naturel de ce coin d’Anatolie offre de surcroît des panoramas somptueux.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Diyarbakir - Hasankyef" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/DiyarbakirHasankyef.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Diyarbakir - Hasankyef" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/12/DiyarbakirHasankyef_thumb.jpg" border="0" alt="Diyarbakir - Hasankyef" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Château &amp; troglo habillent les escarpements d’Hasankyef…</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>A moins d’être particulièrement leste, vous ne pourrez pas admirer de coucher de soleil sur Hasankyef. Dans quelques années, ses rayons n’effleureront plus les dômes et les tuiles de cette ville kurde. Plongée dans des ténèbres éternelles, la cité et ses galeries seront noyés sous des mètres cubes d’eau… lorsque la construction du barrage en aval touchera à son terme.</p>
<p>Le Kurdistan turc recèle d’innombrables trésors. A voir. Vite.</p>
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		<title>La Turquie du Nord-Est</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2010 20:12:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Redescendre à Trabzon offre tout un monde de contraste. Finit la montagne, voici la Mer Noire. Les températures sont sensiblement plus douces. Trabzon est un grand port moderne, où l’influence russe se fait ressentir. Les marins se ruent dans les bordels de la ville. De l’Histoire, il ne reste plus grand chose… ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 599px"><a href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/hattusabasreliefsdeYazilikaya.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="hattusa - bas reliefs de Yazilikaya" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/hattusabasreliefsdeYazilikaya_thumb.jpg" border="0" alt="hattusa - bas reliefs de Yazilikaya" width="589" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Bas-reliefs hittites du XIIIème siècle avant notre ère...</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Le visa iranien reste à ce jour l’un des plus difficiles à obtenir, la chose étant même impossible pour l’impudent globe-trotter qui s’essaierait à gratter à la porte d’une ambassade, quelle qu’elle soit, ou d’un poste frontière terrestre. Impossible, sauf ! au consulat de Trabzon, qui (allez savoir ?) n’a pas dû recevoir les dernières recommandations de Téhéran par La Poste, et ce depuis une demi douzaine d’années. Ce faisant, c’est sans doute le lieu de la byzantine Trébizonde qui accueille le plus de touristes… mais je m’abstiendrai de vous faire rêver à la description des murs ternes de bureaux administratifs quelconques.</p>
<p>Parce qu’on a mieux à se mettre sous la dent. En cheminant vers ce port antique, votre route vous mènera tout d’abord à Hattusa, la capitale Hittite, labellisée Unesco de nos jours. L’amateur de vieux cailloux qui sommeille en chacun de nous trépignera à l’idée de parcourir les ruines d’une civilisation qui traitait d’égale à égale avec le grand Ramsès II. Peine perdue de ce côté-ci, si les Hittites maniaient le sabre et l’arc avec habileté, ils étaient moins doués avec un marteau et une truelle ; résultat, il n’y plus grand chose qui dépasse le mètre cinquante de hauteur sur le site. Ces p’tits gars n’étaient pas totalement gauches non plus et l’étendue imposante des fondations de certains bâtiments laisse entrevoir la grandeur de celle qu’on surnommait “La Cité aux 100 Temples”. A quelques kilomètres de là, à Yazilikaya, se trouve d’ailleurs un temple où les antichambres étaient des galeries rocheuses naturelles, et dont les icônes en bas-reliefs ont donc miraculeusement traversé ces derniers 33 siècles pour laisser un ultime témoignage artistique.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/hattusaroomnumberone.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="hattusa - room number one" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/hattusaroomnumberone_thumb.jpg" border="0" alt="hattusa - room number one" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Les ruines d’Hattusa : faîtes marcher votre imagination !</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p><span id="more-496"></span></p>
<p>C’est pas Karnak quand même. Mais le détour par Hattusa reste une expérience des plus agréables, d’abord parce que pour un site Unesco, on peut pas dire que les foules s’y précipitent. Et secundo, la ballade d’une dizaine de bornes vous laisse amplement le temps de rêvasser à ce que fut cette civilisation, tout en profitant de paysages grandioses et joliment illuminés, les urbanistes Hittites ayant décidé de se caler confortablement sur une colline haut-perchée.</p>
<p>Redescendre à Trabzon offre tout un monde de contraste. Finit la montagne, voici la Mer Noire. Les températures sont sensiblement plus douces. Trabzon est un grand port moderne, où l’influence russe se fait ressentir. Les marins se ruent dans les bordels de la ville. De l’Histoire, celle d’une cité qui devint capitale d’un petit Empire, après le sac de Constantinople par la IVème Croisade, puis qui se paya le luxe de résister aux Ottomans jusque 8 ans après qu’ils aient pris possession d’Istanbul, il ne reste plus grand chose… la jolie Aya Sofya locale, quelques mosquées, un bazar et ses caravansérails…</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/trabzonmonasteredeSumela.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="trabzon - monastere de Sumela" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/trabzonmonasteredeSumela_thumb.jpg" border="0" alt="trabzon - monastere de Sumela" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">La chapelle du monastère de Sulema, malheureusement attaquée à la fronde et au canif…</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Non, il faut s’aventurer au dehors pour apprécier le joyau archéologique du coin : le monastère de Sumela. Au terme d’une ascension harassante, qui délivre de jolis panoramas, une ultime volée de marche s’accroche désespérément le long des flancs abrupts de cet à-pic rocheux… pour redescendre soudainement : nichées dans un renfoncement sous le sommet, les bâtisses séculaires offrent un tableau étonnant de calme dans cet environnement naturel automnal majestueux. Et c’est là que l’on découvre la chapelle troglodyte : un petit chef d’œuvre de fresques murales finement appliquées sur ses murs intérieur et extérieur, depuis le IXème siècle, qui ont survécu aux dégradations…</p>
<p>On n’attend guère dans le petit consulat d’Iran. Mais ce couple d’heures semblent être cinq minutes lorsque, avec un peu d’imagination, on s’amuse à projeter sur les murs immaculés d’une salle d’attente les images chatoyantes du patrimoine turc&#8230;</p>
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		<title>Ankara, ville d&#8217;Europe</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Nov 2010 15:48:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ankara n’est certainement pas la ville turque que l’on vous recommande pour son intérêt touristique. Pour les amateurs toutefois, la capitale turque est dotée de musées de très bonne facture, sans compter le mausolée d’Atatürk. Pour le reste, on repassera.
Pourtant il serait inexact de croire que la métropole anatolienne doit être classée dans la liste des lieux “A éviter”, l’expérience est même assez enrichissante.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a title="Ankara - kizilay" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/Ankarakizilay.jpg" target="_blank"><img class="aligncenter" style="display: inline; border: 0pt none;" title="Ankara - kizilay" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/Ankarakizilay_thumb.jpg" border="0" alt="Ankara - kizilay" width="589" height="198" /></a></p>
<p>Ankara n’est certainement pas la ville turque que l’on vous recommande pour son intérêt touristique. Pour les amateurs toutefois, la capitale turque est dotée de musées de très bonne facture, sans compter le mausolée d’Atatürk. Pour le reste, on repassera. Si la ville existe depuis l’empire Hittite, soit quelques millénaires avant notre ère, il n’y a pas de sites historiques d’un grand intérêt. Forte de seulement 30 000 résidents au début du 20ème siècle, l’héritière politique d’Istanbul a depuis lors connue une logique explosion de population ; résultat, la conurbation urbaine actuelle est moderne et sans grande âme.</p>
<p>Pourtant il serait inexact de croire que la métropole anatolienne doit être classée dans la liste des lieux “A éviter”, l’expérience est même assez enrichissante. Ce qui nous est donné à voir, à Ankara, c’est peut-être ? la Turquie de demain. Un tableau que l’on pourrait sans doute dépeindre à Istanbul, si les beautés de la ville ne poussaient pas (et on les comprend) la majorité des voyageurs à se cloîtrer dans Sultanahmet, ce quartier voué corps et âme à l’industrie touristique. Dans la cité kémaliste, les activités sont essentiellement estudiantines, économiques et diplomatiques.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Ankara - terrasse de bar" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/Ankaraterrassedebar.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Ankara - terrasse de bar" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/Ankaraterrassedebar_thumb.jpg" border="0" alt="Ankara - terrasse de bar" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Installation en terrasse de l’un des nombreux bars de la ville</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Conséquence, si les tarifs y sont un peu chers, il y fait tout de même bon vivre. Restaurants et bars abondent aux abords de la Tunali et de Kizilay. Au Rastafari, concert reggae-ska des plus sympathiques. Sur les grandes artères, les enseignes des Decathlon et Mc Do succèdent aux Carrefour&#8230; on est vraiment dans une ville occidentale. L’économie tourne à plein régime même si elle s’appuie outrageusement sur le crédit : ici, on fait encore confiance aux banques. Il faut gravir les coteaux d’Ulus, le quartier populaire, pour voir quelques femmes en foulard et des commerces plus traditionnels. Mais la majorité de la ville est tournée vers l’Europe.</p>
<p><span id="more-478"></span></p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="Ankara - marche aux poissons" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/Ankaramarcheauxpoissons.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="Ankara - marche aux poissons" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/Ankaramarcheauxpoissons_thumb.jpg" border="0" alt="Ankara - marche aux poissons" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Marché aux poissons d’UlusMarché aux poissons d’Ulus. Cherchez pas de &#39;belles&#39; photos de toute façon c&#39;est Ankara !!!</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Une Europe qui continue à leur tourner le dos et à les rejeter, à leur grand dam. Car si la capitale incarne potentiellement l’avenir, on n’en oublie pas moins que dans le reste du pays on est plus circonspect. Bon point, la Turquie doit à Atatürk un héritage laïc et démocratique certain : les femmes ont par exemple acquis le droit de vote bien avant les françaises. Mais la population rurale ne s’identifie pas forcément aux espoirs ankariotes*, et les partis politiques traditionalistes, plus portés sur la question religieuse, ne cessent de gagner du terrain. Succès bonifiés par les refus de Bruxelles.</p>
<p>Par chez nous on ne dépeint pas assez souvent l’image d’un pays carrefour qui fait le grand écart entre deux continents, entre deux cultures (on pourrait plutôt parler de quatre grandes cultures d’ailleurs). Sans doute parce que nos politiques ont tout intérêt à classer la Turquie dans le camp “des autres”, des méchants, des musulmans, pour brosser dans le sens du poil une opinion publique réac, bornée et inculte. C’est peut-être son formidable potentiel touristique qui fera découvrir aux populations occidentales cette nation si unique et particulière. Des voyageurs en tout genre qui feraient la peau aux idées reçues lors du repas de famille…</p>
<p>C’est peut-être pour ça qu’il faudrait y venir.</p>
<p>Et fissa.</p>
<p>Parce qu’à Ankara, on a soif d’Europe.</p>
<br/>
<br/>
<br/>
<p>* par ailleurs et je l’accorde, si s’européaniser, c’est voir partout fleurir les logos de nos belles multinationales, et importer Diam’s, on peut grandement s’interroger sur la pertinence l&#8217;exportation de notre modèle social. Autre débat, mais débat intéressant.</p>
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		<title>La vallée de l&#8217;Euphrate&#8230; en Turquie</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Nov 2010 18:17:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le fleuve millénaire se jouant des frontières, je le retrouve donc en Turquie. Deux sites en particulier retiennent l’attention dans ce secteur, Urfa, la Ville des Prophètes, et les statues du Mont Nemrod. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 599px"><a title="vallee euphrate - tetes nemrod" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphratetetesnemrod.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="vallee euphrate - tetes nemrod" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphratetetesnemrod_thumb.jpg" border="0" alt="valley euphrate - nemrod heads" width="589" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Les grosses têtes. Ah ah.</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Le fleuve millénaire se jouant des frontières, <a title="La vallee de l'Euphrate en Syrie" href="http://www.f0ll0w-me.fr/la-vallee-de-l-euphrate-en-syrie/trip" target="_blank">je le retrouve</a> donc en Turquie. Deux sites en particulier retiennent l’attention dans ce secteur, Urfa, la Ville des Prophètes, et les statues du Mont Nemrod.</p>
<p>J’ai dit Urfa ? J’aurais dû dire Şanliurfa, soit Urfa la Glorieuse. La ville s’est récupérée ce préfixe après quelques années à jalouser sa voisine d’Antep, devenue elle Ganziantep (“L’Héroïque”) lorsque 15 éclopés armés de fourches tinrent le siège de l’armée française en 1917, ce qui passa pour un exploit -personne n’avait dû les prévenir qu’au 20ème siècle la Grande Muette aurait sans doute perdu une guerre contre Andorre, une chance qu’ils n’aient pas attaqué !-.</p>
<p>Bref, au regard de son histoire, la cité méritait son nouveau patronyme, et puis on peut dire que c’est une habitude que d’en changer. Elle fut capitale latine sous celui d’Edesse au temps des Croisés, capitale araméenne sous celui d’Orhai au temps des romains, sans compter ses noms arménien, kurde, parthe ou nabatéen. Mais en général on l’appelle juste la Ville des Prophètes, car d’après la Bible (et consorts), elle en a vu, du beau monde. Adam et Eve, de passage, Noé reconstruisant ses premiers bleds, Abraham y naît, y grandit dans une cave, fracasse de l’idole à tire-larigot, tombe dans des lits de roses, transforme son bûcher en carpes et le roi Nemrod en carpette, avant que son lointain descendant Job n’y revienne pour s’enfermer dans une autre cave quelques hivers (une mode), et au sortir récupérer santé, femmes, enfants, moutons et richesse : jackpot. Autant les fables messianiques ont pour habitude d’être capillo-tractées, autant à Urfa on atteint des sommets.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="vallee euphrate - Sanliurfa" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphrateSanliurfa.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="vallee euphrate - Sanliurfa" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphrateSanliurfa_thumb.jpg" border="0" alt="valley euphrate - urfa" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Şanliurfa, un cadre calme et rafraîchissant…</p></div>
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<p><span id="more-464"></span>Une réputation comme celle-là vous attire du pèlerin à  ne plus savoir qu’en faire. La ville est donc gâtée en jolies mosquées, en bassins sacrés, en jardins fleuris… et en caves bénies bien sûr. Conjugué à sa taille relativement humaine, et à ses prix plus modestes du fait de la proximité syrienne, cela lui confère un statut d’étape agréable et reposante. En plein cœur, un vaste parc public prodigue un peu de verdure ; il est surmonté d’une imposante forteresse, qui, depuis ses créneaux, offre un vaste panorama sur la cité et ses environs.</p>
<p>Escapade au sud pour la ville d’Harran. Elle aussi a eu son comptant d’Histoire mais plus grand chose n’en témoigne aujourd’hui, si ce n’est les ruines de la plus vieille mosquée d’Anatolie et un château à demi effondré. Le point le plus intéressant reste l’habitat traditionnel local : des maisons en brique et terre séchée rafraichissantes. Mais des guides collants et des enfants véritablement dressés à vous réclamer des ronds assombrissent le tableau. Ici, les chouettes rencontres seront un néo-zélandais (vous avez déjà été confronté à l’accent <em>kiwi</em> ? c’est quelque chose…) et un patineur artistique professionnel américain, improbable duo sous ces latitudes…</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="vallee euphrate - panorama nemrod" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphratepanoramanemrod.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="vallee euphrate - panorama nemrod" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphratepanoramanemrod_thumb.jpg" border="0" alt="valley euphrate - panorama nemrod" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Vue des coteaux du Mont Nemrod. C’est c## (pour vous) que j’ai pas de profondeur de champ sur la caméra :).</p></div>
<p>Cap au nord. la ville de Kahta possède tout le charme des villes dortoirs avec option “attrape-touriste”. C’est que d’ici on est ‘au pied’ -50 bornes tout de même- du Mont Nemrod. Rallier l’endroit en stop tient du parcours du combattant hors-saison mais c’est une peine bien récompensée par ses vues imprenables sur un paysage de montagnes s’élevant sur le Lac de barrage d’Atatürk, dont les eaux paisibles reflètent les rayons du soleil.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="vallee euphrate - statues nemrod" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphratestatuesnemrod.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="vallee euphrate - statues nemrod" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphratestatuesnemrod_thumb.jpg" border="0" alt="valley euphrate - statues nemrod" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Sur la terrasse Est, les idoles étêtées font tourner les têtes : 9m de haut à 2150m d’altitude, en 62 avant notre ère…</p></div>
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<p>A l’orée du sommet veillent les immense statues divines. Le roi Antiochus de Commagène leur fit construire ce sanctuaire, son mausolée, qu’il voulait éternel, au point le plus proche du firmament. Si ce panthéon polythéiste est aujourd’hui l’une des symboliques les plus récurrentes de la carte postale touristique turque, le site est plutôt éloigné des sentiers battus par la clientèle des agences de voyage&#8230;</p>
<p>Vous laissant en la seule compagnie des vents joueurs  jouir des beautés naturelles époustouflantes qui ceignent cette Olympe orientale, et qu’admirent depuis des siècles de leurs regards impavides les têtes décapitées des Dieux de ce temple destitué…</p>
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		<title>La vallée de l&#8217;Euphrate en Syrie</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Nov 2010 17:51:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>doudou</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les manuels d’Histoire en attestent : de l’eau aura coulé sous les ponts de l’Euphrate. Les méandres du fleuve qui fut le berceau de l’humanité s’étendent loin des principales routes touristiques dans un petit triangle syrien calé entre la Turquie et l’Irak.
Comme souvent, quelques cailloux témoignent de ce lointain passé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 599px"><a title="vallee euphrate - dura europos" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphrateduraeuropos.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="vallee euphrate - dura europos" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphrateduraeuropos_thumb.jpg" border="0" alt="euphrate valley - dura europos" width="589" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">L’Euphrate, vu depuis les murs de Dura Europos</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Les manuels d’Histoire en attestent : de l’eau aura coulé sous les ponts de l’Euphrate. Les méandres du fleuve qui fut le berceau de l’humanité s’étendent loin des principales routes touristiques dans un petit triangle syrien calé entre la Turquie et l’Irak.</p>
<p>Comme souvent, quelques cailloux témoignent de ce lointain passé. Rien qui ne justifie de sauter dans le premier avion venu cependant… Presque à portée de jumelles des <em>GIs </em>américains, les ruines de Mari vous promettent de vous transporter 5000 ans en arrière. Ca saute aux yeux d’ailleurs avec un plateau terreux d’où émergent 4 faméliques portions de fondations de murs et où vous pouvez à loisir piétiner des fragments de poteries séculaires. Les quelques trouvailles d’importance ont été emportées depuis bien longtemps, au Louvre pour partie.</p>
<p>On remonte le fleuve comme le temps, jusqu’à trois siècles avant Crucifixion&#8230; Le voilà qui paresse sous les fortifications de Dura Europos, cité hellénistique longtemps indépendante. Sans doute l’un des seuls endroits au monde où les cultes de Zeus et du Christ furent contemporains. Les fortifications en question, parfois mi-enfouies sous les dunes de sable, et la citadelle, sont tout ce qui reste debout. Les mêmes vestiges montent la garde sur l’Euphrate un peu plus en amont, un peu plus proches de notre ère, à Halabiya, rejoint par les arcs-boutants effondrés de quelques églises.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="vallee euphrate - Rasafa" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphrateRafaqa.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="vallee euphrate - Rasafa" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphrateRafaqa_thumb.jpg" border="0" alt="euphrate valley - Rasafa" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Coucher de soleil sur les ruines de Rasafa. Pas un gus à l’horizon. </p></div>
<p style="text-align: center;">
<p>Eglises et basiliques réapparaissent à Rasafa, ville de pèlerinage romaine puis byzantine. Enfin un site avec un peu plus de consistance, un peu plus de majesté. La basilique St Sergius a en effet admirablement traversée ces dernières 1500 années, malgré un dédain certain des nouveaux occupants des lieux, les Abbassides. Ils préférèrent prendre soin du Qala’at at Ja’abar voisin. La forteresse dominait alors le bassin fluvial de l’Euphrate, aujourd’hui, elle a les pieds dans l’eau. Le barrage d’Ath-Thaura a noyé la vallée, et collatéralement quelques reliques archéologiques. Le château s’en tire sain et sauf, et c’est un spot rêvé pour aller piquer une tête, même s’il commence à faire frais dans cette région du globe aussi…</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="vallee euphrate - chateau qala'at at ja'abar" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphrateqalaatatjaabar.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="vallee euphrate - chateau qala'at at ja'abar" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphrateqalaatatjaabar_thumb.jpg" border="0" alt="euphrate valley - castle qala'at at ja'abar" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Plouf ! Le Qala’at at Ja’abar est désormais au milieu du lac Al-Assad</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p><span id="more-432"></span></p>
<br/>
<p>Je vous ai listé l’essentiel du patrimoine local, et confirme qu’il n’y a pas de quoi pousser des hurlements de joie. Mais cette région possède tout de même un charme indéniable.</p>
<p>Certes on sent ici que la situation est un peu plus tendue que dans d’autres endroits du pays, encore que du côté des contreforts du Golan on doit pas se marrer tous les jours. Mais les réfugiés irakiens font régulièrement dans le coin l’aller-retour frontalier synonyme d’extension de visa. Chaque déplacement en bus doit être consigné auprès d’un homme en bleu &#8211; en l’occurrence vêtu de noir mais bon… – ; et quelques barrages militaires se feront un malin plaisir à gâcher vos balades.</p>
<p>C’est bien dommage parce que les vertes rives du fleuve sont un bien apaisant paysage comparées aux métropoles congestionnées et bruyantes. Les sites sont bien souvent déserts et vous en êtes le seul explorateur. Comme ils sont un peu perdus dans la cambrousse, on lève le pouce et on est rapidement embarqué par un local à l’anglais très limité qui n’a qu’une envie, c’est de vous faire la conversation. Les autochtones sont d’ailleurs toujours ravi de vous filer un coup de main, et que ce soit en campagne ou dans les grandes villes, on passe ses journées à se faire inviter pour un thé, un café, voire un repas.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 362px"><a title="vallee euphrate - auto stop tracteur" href="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphrateautostop.jpg" target="_blank"><img style="display: inline; border: 0pt none;" title="vallee euphrate - auto stop tracteur" src="http://www.f0ll0w-me.fr/wp-content/uploads/2010/11/valleeeuphrateautostop_thumb.jpg" border="0" alt="euphrate valley - autostop tractor hitch hiking" width="352" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Le “tracteur-stop” commence à être une habitude. </p></div>
<p>Nombreux sont les kurdes dans le coin. On aime à parler politique. Et leurs opinions différent nettement des arabes voisins… Un môme qui baragouine à peine quelques mots d’anglais crie un “Fuck Bacher” qui n’aurait pas place autre part… Plus loin, un autre pointe du doigt les tentes de familles de bergers itinérants, et, plein de dédain : “You see them? It is Arabic people. We don’t like them”.</p>
<p>Ici, un quinquagénaire m’explique que son fils est parti faire son service militaire. Depuis 20 ans. 20 ans ? Est-il retenu par l’armée syrienne ? Non, non, il est en Turquie, il fait son devoir auprès du PKK. Et de me montrer des photos écornées de gens en treillis, à table, ou parcourant la montagne. Parfois en armes. Il y a beaucoup de jeunes femmes. Lui-même y a été, de l’autre côté d’une frontière qu’ils veulent abroger, d’un Kurdistan qu’ils demandent et qu’ils <em>nous </em>demandent ; “Is France gonna help us?”. On aime beaucoup Mitterrand, Sarko, moins.</p>
<p>Là, les convives s’en prennent ouvertement au régime de <a href="http://www.f0ll0w-me.fr/damas-la-djemila/portraits" target="_blank">Damas</a>. Parlent des leurs, en prison. De l’école, où la langue kurde est proscrite. Et interpellent. “We can’t go in France, we won’t have the visa. We want to go there… Cause it’s a democracy, we want freedom.”</p>
<p>“In France, people are happy…”</p>
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