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Baalbek et les cités phéniciennes

2010 octobre 16
Sidon

Amateurs de vieilles pierres, cet article est pour vous. Ici, le ‘Château Maritime’ de Sidon

Par “Cités phéniciennes”, j’entends des noms mythiques que vous ont rabâchés vos profs d’histoire-géo, bien souvent à perte. Mais quelque part les villes de Sidon, Byblos, Tyre ou Tripoli éveillent à minima un vague souvenir dans un recoin obscur de vos têtes alors blondes.

En vrai, des phéniciens, il ne reste rien de debout, à part un vieux temple ignoré de tous, aux environs de Sidon. Mais chaque perle de ce chapelet de villes est une pépite d’Histoire, toutes différentes, toutes si proches.

Le Sud-Liban est plus délicat d’accès, les barrages militaires se multipliant à l’approche de la frontière israélienne. A Sidon, les croisés s’illustrent. Le champêtre château maritime garde l’entrée du petit port de la ville. Il est surplombé du souk flambant neuf qui abrite deux mosquées millénaires et plusieurs khans : Rafik Hariri étant natif de Sidon, les rénovations ont été bon train. Mais comme partout au Liban subsistent ces façades criblées de balles, ces pas de porte dégueulant les tuiles de toits éventrés…

Tyr a été classé Site Historique par l’Unesco, entre autre pour protéger les ruines romaines des belligérants qui ravageaient régulièrement les lieux (D’ailleurs au sortir de la station de bus on traverse le camp de réfugié palestiniens. Ambiance tendue garantie. Tu claques du slip ?, on sort les kalachs…). Et force est d’admettre que de l’hippodrome le mieux conservé du monde, il ne reste plus grand chose. Mais ici – comme à Sidon -, une alternative : les plages de sable fin bordent la cité. Et à Tyr, une partie des ruines romaines englouties sont à portée de palmes… Ce site demeurant archéologiquement inexploré, les chasseurs de trésors barbotent toute la journée en quête de reliques antiques, et en trouvent régulièrement paraît-il.

Tripoli

Plongée dans le souk de Tripoli

Cap au nord – de Beyrouth - pour rallier Byblos. Sur le chemin, un stop aux Grottes de Jeita s’impose. Ces formations géologiques parmi les plus belles du monde ont traversées les millénaires jusqu’à être, muettes , témoins de la guerre civile : l’on y entreposa des armes. D’une beauté grandiose, les stalagmites postulent au concours des 7 merveilles du monde moderne.

Le site archéologique de Byblos reflète la joyeuse anarchie des civilisations qui s’y sont succédées. Le castel croisé domine les ruines de son imposante masse, à laquelle répond, au bout du cap, la massive maison ottomane. A leurs pieds s’étendent les éboulis romains et helléniques, ainsi que les fondations des Temples aux Obélisques, de Rehseph et de Balaat Gebal, respectivement du 2nd, 3ème et 4éme millénaire BC, c’est vous dire.

Tripoli , autre citadelle, celle du toulousaing’ Simon de Saint-Gilles, qui défit les défenseurs de la ville et leurs alliés des grandes Homs et Damas avec 300 malheureux gus. Tripoli était la capitale du Royaume Latin éponyme, mais il n’en reste guère la trace. En revanche les Ottomans ont laissé un joli souk, parsemé de mosquées, d’hammams et de khans – beaucoup à voir –. Les impacts de balles sont aussi omniprésents, même sur des bâtiments rénovés. La ville était au cœur du conflit de 2006.

Balbek

L’imposant …“Petit Temple” de Baalbek

Reste le joyau antique du Liban. Baalbek. Ses habitants, frappés de mégalomanie, se mirent en tête de couvrir la ville de temples. Et quels temples. Celui dédié à Jupiter fut victime de cette vision grandiloquente : entamé, bâti pendant des siècles, il ne fut jamais terminé, le christianisme s’étant entretemps invité dans la ronde. De dépit ?, on a construit une cathédrale dans la cour intérieure. Minuscule à l’échelle des lieux. Sur la terrasse supérieure veillent les six dernières colonnes du sanctuaire : ce sont les plus grandes du monde romain. En contrebas, on trouve “le petit Temple”. Appellation hautement ironique. La structure est plus grande que le Parthénon. Elle fut forteresse puis palais sous les dynasties arabes, et sa riche décoration a admirablement traversé les siècles. Si, comme l’auteur de ces lignes, vous pensiez avoir vu tout ce que la Méditerranée compte de vieilles caillasses latines, attendez-vous à être époustouflé. Au sortir, le modeste temple de Venus est un tel bijou de raffinement que ces victoriens d’anglais en réalisèrent une copie dans les jardins de Wiltshire.

Plongez dans ce passé, le présent vous rattrape par la manche. Le Liban aime à entremêler toutes les couches de son Histoire. Ainsi, à Baalbek, à quelques encablures des terrasses majestueuses, un musée flambant neuf a vu le jour il y a un mois de cela. Un musée kitsch et d’une rare propreté. Un musée vert et jaune, comme les drapeaux battants à chaque lampadaires de la ville. Un musée voulu par Hassan Nasrallah, dont l’effigie couvre les murs de Baalbek. Un musée dédié aux occupants des trois camps visibles aux sommets des collines environs. Le musée du Hezbollah.

7 Responses leave one →
  1. octobre 16, 2010

    Hey Doudou, j’avais oublie a quel point tu écrivais bien et c’est un vrai plaisir que de te lire et de suivre tes découvertes et ton voyage !

    • octobre 20, 2010

      J’avais oublié que j’avais un lectorat d’une telle qualité ! Merci pour les compliments, j’en rougirais si je passais pas mes journées à frire dans le désert… :)

  2. octobre 19, 2010

    Boum boum ! Qu’est ce que c’est long de lire ! Heureusement que tu te démerdes pas mal sinon je ne ferais pas l’effort ! Quid des vidéos ??? :)

    PS : Tu vois comment j’ai galéré à sortir une vidéo tous les 10 jours pendant 6 mois !

    • octobre 20, 2010

      J’en charge une… lentement… (et une hors série en plus…). C’est clair que c’est galère :). Et j’ai pas encore ton talent… Mais moi j’ai ajouté le blog là dessus, pas évident !

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